- Cette éventuelle revalorisation intervient alors que le mouvement contre la vie chère place le pouvoir d’achat au cœur des revendications sociales
AA / Istanbul / Sanaa Amir
Le gouvernement français envisagerait d’avancer au 1er novembre la prochaine revalorisation du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC), initialement prévue au 1er janvier 2027, selon BFMTV, qui rapporte des informations des Échos.
Cette augmentation, estimée à environ 1 %, permettrait aux salariés concernés de gagner près de 15 euros nets supplémentaires par mois, dans un contexte de mobilisations contre la vie chère et de revendications sur le pouvoir d’achat.
Alors que la contestation sociale se poursuit en France, l’exécutif étudierait la possibilité d’anticiper la revalorisation automatique du SMIC afin de répondre, au moins partiellement, aux préoccupations des salariés les plus modestes.
Selon BFMTV, citant Les Échos, cette mesure pourrait intervenir dès le 1er novembre, soit deux mois avant l’échéance habituelle du 1er janvier.
Le SMIC brut mensuel, actuellement fixé à 1 867,02 euros, passerait ainsi à environ 1 885,69 euros, soit une hausse de 18,67 euros brut par mois. Le salaire minimum net, aujourd’hui de 1 477,93 euros, augmenterait d’environ 15 euros, selon les estimations rapportées par BFMTV.
Cette éventuelle revalorisation intervient alors que le mouvement contre la vie chère place le pouvoir d’achat au cœur des revendications sociales. Parmi les demandes formulées par les manifestants figure notamment l’indexation de l’ensemble des salaires sur l’inflation, une mesure plus large que la seule augmentation du salaire minimum.
- Une hausse anticipée plutôt qu’un véritable coup de pouce
Le SMIC bénéficie d’un mécanisme de revalorisation automatique destiné à tenir compte de l’évolution des prix à la consommation. En règle générale, cette augmentation intervient au 1er janvier. Toutefois, lorsque l’indice des prix à la consommation hors tabac augmente d’au moins 2 % par rapport à l’indice constaté lors de la précédente revalorisation, le salaire minimum est relevé automatiquement en cours d’année.
Ce mécanisme avait notamment conduit à une augmentation du SMIC de 2,41 % le 1er juin 2026, selon les éléments rapportés dans l’article de BFMTV.
Une nouvelle hausse anticipée constituerait ainsi une troisième revalorisation au cours de l’année 2026.
Toutefois, l’avancement de cette augmentation ne représenterait pas nécessairement un gain supplémentaire sur le long terme. Il s’agirait principalement de verser plus tôt une hausse qui aurait normalement été appliquée au début de l’année suivante.
En contrepartie, aucune nouvelle revalorisation ne serait attendue au 1er janvier 2027 au titre de cette même échéance, sous réserve de l’évolution de l’inflation et des décisions éventuelles du gouvernement.
Un précédent existe : à la fin de l’année 2024, le gouvernement de Michel Barnier avait anticipé la revalorisation du SMIC, avec une augmentation de 2 % au 1er novembre. La hausse suivante était intervenue le 1er janvier 2026.
- Les syndicats réclament des augmentations plus importantes
Les organisations syndicales estiment toutefois qu’une hausse limitée ne répondrait pas à l’ampleur des difficultés rencontrées par les salariés face à la hausse du coût de la vie.
« Ce n'est pas ce que demande la CFDT », a déclaré vendredi sur TF1 Marylise Léon, secrétaire générale de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), selon BFMTV.
Son organisation réclame une augmentation de 100 euros nets du SMIC.
De son côté, la secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT), Sophie Binet, demande une hausse de 10 % du salaire minimum ainsi que l’indexation de l’ensemble des salaires sur les prix, lors d’une intervention sur Franceinfo.
Ces revendications interviennent alors que la contestation contre la vie chère se poursuit et que de nouvelles mobilisations sont annoncées pour le samedi 24 octobre et les semaines suivantes.
- Le gouvernement consulte les partenaires sociaux
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, devait recevoir les organisations syndicales vendredi afin d’échanger sur la situation et les revendications relatives aux salaires.
Aucune décision définitive concernant une éventuelle revalorisation anticipée n’est établie dans les éléments rapportés par BFMTV et Les Échos. L’ampleur de la hausse et son calendrier restent donc à confirmer.
Si elle était mise en œuvre, cette mesure pourrait constituer un signal adressé aux salariés les plus modestes. Elle ne répondrait cependant que partiellement aux demandes syndicales, qui portent également sur une augmentation plus substantielle des rémunérations et sur un mécanisme d’indexation des salaires sur l’inflation.
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