- Le couvre-feu a instauré de manière ciblée la nuit dernière « a contribué au calme » dans les rues de la Presqu’île
AA / Istanbul / Mariem Njeh
Le préfet du Rhône, Étienne Guyot, a décidé mardi de renouveler le couvre-feu ainsi que l’interdiction des attroupements dans une partie de la Presqu’île de Lyon, en reconduisant les mesures prises la veille, annonce la préfecture.
Selon la préfecture, le couvre-feu instauré de manière ciblée la nuit dernière « a contribué au calme » dans les rues de la Presqu’île.
Le préfet a pris sa décision après avoir de nouveau échangé avec le maire de Lyon et consulté, mardi matin, les représentants des commerçants et de l’artisanat ainsi que les professionnels de la restauration et de l’hôtellerie, qui ont, selon le communiqué, collectivement fait part de leur satisfaction.
La préfecture indique que ce choix s’inscrit dans le contexte des événements survenus depuis samedi dernier. Elle dit y voir une réponse alliant sécurisation et protection des commerçants et des habitants de la Presqu’île, tout en permettant la poursuite des activités des services et commerces en soirée et en offrant aux habitants la possibilité de « se réapproprier leur quartier ».
- Deux mesures
Dans une partie de la Presqu’île, toutes les manifestations, cortèges et rassemblements revendicatifs sur la voie publique seront strictement interdits le mardi 20 octobre, de 16h00 à 21h00. Cette mesure sera immédiatement suivie d'un couvre-feu interdisant la présence et la circulation des piétons dans les rues, de 21h00 jusqu'au mercredi 21 octobre 2026 à 06h00.
Toutefois, cette restriction nocturne s'accompagne d'exceptions notables : les établissements tels que les bars, restaurants, cinémas et salles de spectacles resteront ouverts au public, tandis que la circulation des véhicules et le trafic des transports en commun seront maintenus.
Toutefois, plusieurs dérogations à ces restrictions de circulation sont prévues. Elles autorisent les déplacements indispensables liés au regagnement du domicile ou d'un lieu d'hébergement, aux besoins de santé (urgences médicales ou vétérinaires), ainsi qu'aux motifs familiaux impérieux tels que l'assistance aux personnes vulnérables ou la garde d'enfants.
Le simple transit routier sans arrêt à travers le périmètre concerné reste également permis. Enfin, ces interdictions ne s'appliquent pas aux professionnels dans l'exercice de leurs fonctions, notamment les élus, les journalistes, ainsi que les agents assurant une mission de service public, de secours ou d'intérêt général.
- Périmètre
Les mesures s’appliquent dans le secteur délimité au nord par la rue Constantine (place des Terreaux exclue) et la rue Joseph Serlin, à l’est par les quais Jean-Moulin, Jules-Courmont et Gailleton (rive droite du Rhône), au sud par le cours de Condé, et à l’ouest par les quais Joffre, Tilsitt, des Célestins, Saint-Antoine et de la Pêcherie (rive gauche de la Saône). Les ponts franchissant le Rhône et la Saône et desservant ces secteurs sont exclus du périmètre.
Ces annonces interviennent après la mobilisation nationale du samedi 17 octobre contre la vie chère, qui a réuni notamment d’anciens Gilets jaunes, des lycéens, des étudiants, des retraités et des organisations syndicales, dont la CGT. Les revendications portaient sur le pouvoir d’achat, la hausse des prix des carburants et de l’énergie ainsi que les services publics.
Si de nombreux cortèges se sont déroulés dans le calme, des pillages de commerces, des affrontements et des attaques contre des bâtiments publics ont marqué la journée dans plusieurs villes, dont Paris, Marseille et Lyon.
Le gouvernement français a annoncé mardi un dispositif sécuritaire « massif » pour les nouvelles mobilisations prévues samedi 24 octobre, après les violences qui ont marqué ces derniers jours en France.
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