« Les déclarations inspirent, mais ce sont les obligations qui permettent d’obtenir des résultats », a-t-il affirmé, réitérant le soutien de l’organisation à l’adoption d’un Pacte international juridiquement contraignant sur le droit au développement

NEWSTIMETR
NEWSTIMETR
Union africaine : l’Agenda 2063 et la Charte africaine au cœur de l’appel pour un droit au développement effectif

AA/Istanbul/Sanaa Amir

L’Union africaine (UA) appelle à faire du droit au développement un engagement concret, inscrit dans les politiques publiques, les budgets nationaux et les mécanismes de responsabilité des États.

S’exprimant lors d’une déclaration liminaire, l’ambassadeur Bankole Adeoye, commissaire de l’UA aux Affaires politiques, à la paix et à la sécurité, a souligné le rôle de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et de l’Agenda 2063 dans la réalisation de cet objectif.

« Les déclarations inspirent, mais ce sont les obligations qui permettent d’obtenir des résultats », a-t-il affirmé, réitérant le soutien de l’organisation à l’adoption d’un Pacte international juridiquement contraignant sur le droit au développement.

Le responsable africain a rappelé que la Charte africaine était entrée en vigueur six semaines avant l’adoption, en 1986, de la Déclaration des Nations unies sur le droit au développement. À travers son article 22, l’Afrique avait ainsi déjà consacré ce droit dans un instrument juridique contraignant, a-t-il souligné.

Il a également insisté sur la nécessité de traduire les engagements pris à l’échelle continentale en résultats mesurables. À cet égard, l’Agenda 2063 et son deuxième plan décennal de mise en œuvre constituent, selon lui, des cadres essentiels pour concrétiser les dispositions de l’article 22. Il a appelé à intégrer ces objectifs dans les plans nationaux, les budgets publics et les mécanismes de suivi et de responsabilisation.

Évoquant les enjeux liés à la paix et à la sécurité, Bankole Adeoye a rappelé qu’en août 2026, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA avait demandé l’intégration d’indicateurs relatifs aux droits de l’homme dans le Système continental d’alerte rapide.

Le commissaire a par ailleurs mis en garde contre une transition écologique qui reproduirait les injustices liées à l’exploitation des ressources naturelles. « L’Afrique n’acceptera pas une transition verte qui répète les injustices des exploitations passées », a-t-il déclaré, plaidant pour une conduite responsable des entreprises, des financements équitables, la viabilité de la dette et une action renforcée contre les flux financiers illicites.

Il a également appelé à encadrer le développement de l’intelligence artificielle selon des principes d’égalité, de participation, de transparence et de responsabilité.

Sur le plan de la coopération internationale, il a évoqué le communiqué conjoint UA-ONU publié la veille, qui engage les deux organisations à mener des actions communes en faveur des droits économiques, sociaux et culturels ainsi que du droit au développement.

Pour Bankole Adeoye, la réalisation de ce droit ne doit toutefois pas se limiter aux déclarations et aux engagements institutionnels. Elle doit se traduire par des améliorations tangibles dans la vie quotidienne des populations, notamment à travers la reconstruction des salles de classe, l’accès à l’eau potable dans les villages et la création d'emplois décents pour les jeunes Africains.

« Le droit au développement doit se concrétiser non pas dans nos discours », a-t-il conclu, mais dans ces réalisations qui témoignent de son effectivité.

Anadolu Ajansı / Sanaa Ou Amir Ahamada — Anadolu Ajansı

#