- Le délai de 48 heures fait suite aux accusations du Soudan, qui affirme que des frappes de drones lancées depuis le territoire éthiopien ont fait des centaines de morts parmi les civils
NAIROBI, Kenya (AA)
L’Éthiopie a ordonné à six diplomates et agents consulaires soudanais de quitter son territoire dans un délai de 48 heures et décidé de fermer le consulat du Soudan dans la ville d’Assosa, dans l’ouest du pays, ont rapporté mercredi des médias locaux, citant des sources diplomatiques.
Les six responsables concernés étaient en poste au consulat d’Assosa, chef-lieu administratif de la région de Benishangul-Gumuz, frontalière du Soudan.
La ville se trouve à environ 476 kilomètres à l’ouest d’Addis-Abeba et à 648 kilomètres au sud-est de Khartoum.
Les autorités éthiopiennes n’ont pas publiquement expliqué les raisons de cette décision.
Cette mesure intervient après des plaintes déposées par le Soudan auprès du Conseil de sécurité des Nations unies et du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA).
Khartoum accuse Addis-Abeba de faciliter les opérations de drones menées par les Forces de soutien rapide (FSR), en guerre contre l’armée soudanaise depuis avril 2023.
Le ministère soudanais des Affaires étrangères affirme avoir transmis des documents faisant état de frappes de drones lancées depuis le territoire éthiopien contre des zones civiles, des installations électriques et d’autres infrastructures. Ces attaques auraient fait des victimes et perturbé des services essentiels.
De son côté, Amjad Farid, conseiller du président soudanais, a affirmé que 70 attaques impliquant 187 drones explosifs avaient été lancées depuis l’Éthiopie entre le 15 février et le 27 octobre, faisant plus de 400 morts parmi les civils.
Il a souligné que Khartoum se réservait le droit de répondre à toute menace visant sa souveraineté.
Les autorités soudanaises dirigées par l’armée ont également fait état de centaines de victimes civiles et militaires à la suite de ces frappes.
Khartoum accuse régulièrement Addis-Abeba de soutenir les FSR, des allégations qui n’ont toutefois pas été vérifiées de manière indépendante.
L’Éthiopie accuse, pour sa part, le Soudan de soutenir des groupes armés impliqués dans ses propres conflits internes.
Ces mesures diplomatiques marquent une nouvelle aggravation des tensions entre les deux pays voisins, sur fond de préoccupations sécuritaires croissantes le long de leur frontière commune.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
Anadolu Ajansı / Andrew Wasike — Anadolu Ajansı
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