-L’ONU souligne que ce départ ne remet pas en cause le droit à l’autodétermination de la population du territoire
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le Maroc reste attaché au cessez-le-feu au Sahara occidental malgré la fin du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum dans ce territoire (Minurso), a affirmé mercredi le Cabinet royal.
Cet « engagement volontariste » ne changera pas avec le départ de la mission, indique le communiqué diffusé par l’agence officielle MAP, à l’issue d’une réunion présidée par le roi Mohammed VI à Rabat. Le Palais estime toutefois que la Minurso n’a pas été en mesure de garantir le respect du cessez-le-feu et que ses fonctions initiales sont dépassées.
Le souverain a chargé le Bureau de coordination avec la Minurso, relevant du ministère de l’Intérieur, d’accompagner les opérations de liquidation et de retrait afin qu’elles se déroulent de manière ordonnée. Il a également appelé à préserver l’intégrité territoriale du royaume, sa sécurité et la tranquillité de ses citoyens, selon le communiqué.
-L’ONU maintient son engagement pour une solution politique
Le mandat de la Minurso, créée en 1991, a expiré le 31 octobre après l’échec du Conseil de sécurité à le renouveler. La Russie a opposé son veto au projet américain, tandis qu’une proposition russe de prolongation d’un an n’a pas obtenu les soutiens nécessaires.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a assuré dimanche que l’organisation restait disponible pour soutenir le dialogue et une solution politique mutuellement acceptable. Il a souligné que le départ de la mission ne supprimait pas le droit « inaliénable » à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.
Rabat s’est félicité de la non-reconduction de la mission. Dans un communiqué du 30 octobre, le Cabinet royal a estimé qu’elle devrait entraîner la fin de l’examen du dossier par le Conseil de sécurité, une interprétation défendue par les autorités marocaines. Le Front Polisario s’est dit préoccupé, tandis que l’Algérie a exprimé de profonds regrets.
-Un conflit territorial non résolu
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est revendiqué par le Maroc, qui en contrôle la majeure partie, et par le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, qui réclame son indépendance.
Le territoire est divisé par un mur d’environ 2 700 kilomètres construit par le Maroc dans les années 1980. Le Polisario opère à l’est et dispose de bases arrière dans la région algérienne de Tindouf, où se trouvent des camps de réfugiés.
En 2020, le mouvement avait annoncé la reprise de sa lutte armée après une intervention marocaine à Guerguerat, près de la Mauritanie. La Minurso continuait depuis à observer les activités militaires et à contribuer à la désescalade. Le référendum prévu lors de sa création n’a jamais été organisé.
Anadolu Ajansı / Serap Doğansoy — Anadolu Ajansı
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