- « La France ne reconnaît pas les talibans et elle n'a aucune intention de le faire », a déclaré Pascal Confavreux lors de la conférence de presse hebdomadaire du Quai d’Orsay, le 5 novembre 2026

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France : Paris réaffirme son refus de reconnaître les talibans et justifie le dialogue technique avec Kaboul

AA/Istanbul/ Sanaa Amir

La France ne reconnaît pas le régime taliban et n’a aucune intention de le faire, a réaffirmé mercredi le porte-parole du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, tout en justifiant l’ouverture d’un dialogue technique avec les autorités afghanes en vue de faciliter le renvoi de ressortissants afghans en situation irrégulière représentant une menace pour l’ordre public en France.

« La France ne reconnaît pas les talibans et elle n'a aucune intention de le faire », a déclaré Pascal Confavreux lors de la conférence de presse hebdomadaire du Quai d’Orsay, le 5 novembre 2026.

Le porte-parole a précisé que ce dialogue, engagé en coordination avec le ministère français de l’Intérieur, répondait à un objectif de sécurité intérieure et ne constituait en aucun cas une reconnaissance politique ou diplomatique du régime en place à Kaboul.

« Nous avons initié un dialogue technique avec l’Afghanistan, avec le régime actuel, pour une raison très particulière. C’est pour pouvoir renvoyer directement des ressortissants afghans qui sont dangereux, qui présentent une menace pour l’ordre public en France, et qui sont ici de manière illégale », a-t-il expliqué.

Il a insisté sur le fait que cette démarche était motivée par la sécurité des citoyens français et assumée « en toute transparence ».

- Paris maintient son aide à la population afghane

Dans le même temps, Pascal Confavreux a rappelé que la position française à l’égard des talibans ne remettait pas en cause le soutien apporté à la population civile afghane, en particulier aux femmes.

Selon les chiffres avancés par le porte-parole, la France a consacré 187 millions d’euros à l’aide humanitaire en Afghanistan depuis le 15 août 2021.

Ces fonds ont notamment permis de financer des programmes de lutte contre la malnutrition ainsi que des aides dans les secteurs pharmaceutique et hospitalier.

Il a également indiqué que 17 000 femmes afghanes avaient bénéficié de visas leur permettant d’obtenir l’asile en France. Des bourses ont par ailleurs été accordées à des étudiants afghans.

Interrogé sur des informations de presse faisant état d'un éventuel accord de principe pour l'installation d'un groupe de travail dans les locaux du consulat d'Afghanistan à Paris, le porte-parole a refusé de les confirmer.

« Je ne confirme pas non plus la constitution d’un tel groupe de travail. Il n’y a rien aujourd’hui », a-t-il déclaré, ajoutant qu’aucune délégation consulaire talibane n’était actuellement présente dans la capitale française.

- Le G7 des Affaires étrangères déplacé de Marseille à Paris

Au cours de la même conférence de presse, Pascal Confavreux a également annoncé que la quatrième et dernière réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 sous la présidence française, initialement prévue à Marseille, se tiendrait finalement à Paris, au Quai d’Orsay, lundi et mardi prochains.

Le porte-parole a justifié ce changement par des considérations « logistiques et opérationnelles », liées notamment à l’organisation successive du G7 et du Forum de Paris sur la paix.

Il a toutefois assuré que cette relocalisation ne modifierait ni les ambitions ni les priorités de la rencontre. Interrogé sur les éventuels coûts supplémentaires occasionnés par ce changement, il a indiqué ne pas disposer, à ce stade, d’éléments chiffrés.

« Il n’y aura pas de changement en termes d’ambition, en termes de programme, en termes de priorité », a-t-il affirmé.

Trois axes principaux devraient structurer les discussions. Le premier concerne la mise en œuvre des initiatives lancées au cours de l’année, notamment le financement des travaux de réparation de l’arche de confinement de Tchernobyl, endommagée par un drone russe, l’opérationnalisation du réseau des ports du G7 pour renforcer la lutte contre le narcotrafic et l’amélioration de la chaîne logistique humanitaire à travers le renforcement des plateformes logistiques.

- Le ministre français des Affaires étrangères doit également présenter le volet français du plan international de lutte contre le narcotrafic.

Le deuxième axe portera sur les grandes crises internationales, avec des sessions consacrées à l’Ukraine et au Proche et Moyen-Orient. Les ministres examineront également les situations dans la Corne de l’Afrique, au Soudan, en Haïti ainsi que dans la région indo-pacifique.

Enfin, l’intelligence artificielle figurera parmi les nouveaux sujets inscrits à l’ordre du jour, notamment sous l’angle des risques sécuritaires liés aux modèles les plus avancés.

Pascal Confavreux a souligné que le succès de cette réunion serait notamment évalué à l’aune de la concrétisation des initiatives annoncées et de la capacité des pays participants à coordonner leurs réponses aux crises internationales.

La conférence de presse de clôture, présidée par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, est prévue mardi après-midi au Quai d’Orsay.

- Paris veut accompagner la Serbie dans son parcours européen

Abordant les relations entre la France et la Serbie, le porte-parole a réaffirmé la volonté de Paris de poursuivre l'approfondissement des relations bilatérales avec les nouvelles autorités serbes, notamment dans les domaines économique et européen.

Il a rappelé que le président français, Emmanuel Macron, s’était entretenu lundi avec la tête de liste étudiante victorieuse des élections législatives anticipées et l’avait félicitée pour son succès.

« Il a rappelé l’amitié entre nos deux pays, notre détermination à accompagner la Serbie sur son chemin européen », a indiqué Pascal Confavreux.

Il a également insisté sur l’importance des réformes et du dialogue avec Pristina pour consolider la trajectoire européenne de Belgrade.

La France restera attentive aux premières décisions des nouvelles autorités serbes, notamment concernant leur orientation européenne, a-t-il ajouté.

Anadolu Ajansı / Sanaa Ou Amir Ahamada — Anadolu Ajansı

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