- Le chef de l’opposition accuse ses adversaires de chercher à délégitimer la future Knesset, tandis que le président de la commission électorale demande une enquête sur de possibles ingérences étrangères dans le scrutin
JÉRUSALEM / ISTANBUL (AA)
Le chef de l’opposition israélienne, Gadi Eisenkot, a accusé jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahou de chercher à retarder l’annonce des résultats des élections et à saper la légitimité de la future Knesset, sur fond de polémique politique autour d’allégations d’ingérence étrangère dans le scrutin.
Dans un communiqué, Eisenkot a accusé Netanyahou et ses alliés de mener une « opération d’influence inappropriée » visant à retarder la publication des résultats au-delà de la date prévue et à créer des prétextes pour délégitimer les travaux de la nouvelle Knesset.
Il a également appelé à l’ouverture d’une « enquête approfondie, immédiate et impartiale » sur les soupçons d’« ingérence étrangère ».
Cette polémique fait suite à une lettre adressée jeudi par le juge Noam Sohlberg, président de la commission électorale israélienne, au chef du Shin Bet, David Zini, lui demandant d’enquêter sur de « sérieux soupçons » d’influence étrangère « hostile » en faveur des partis arabes, a rapporté le quotidien Haaretz.
Le parti Likoud de Netanyahou s’est appuyé sur cette demande pour affirmer qu’aucun parti sioniste ne devrait coopérer avec la Liste arabe unie ou la Liste commune, les deux formations arabes.
« Après la révélation de tentatives d’entités étrangères de prendre le contrôle de la Knesset, aucun parti sioniste ne peut coopérer avec la Liste arabe unie ou la Liste commune », a déclaré le parti dans un communiqué.
Les deux blocs restent loin de la majorité absolue
Le Likoud a également estimé que le président de la Knesset, Amir Ohana, membre du parti, ne devait pas être remplacé par des voix « achetées avec de l’argent ». Il a ajouté qu’aucun gouvernement mettant Israël en danger ne devait être formé.
Eisenkot a qualifié l’ingérence étrangère d’« inacceptable et extrêmement grave », particulièrement lorsqu’elle implique un pays qui « finance et soutient le Hamas », faisant écho aux accusations visant le Qatar.
Doha affirme régulièrement que son aide est destinée aux Palestiniens de la bande de Gaza et qu’elle est fournie avec la connaissance d’Israël et des Nations unies.
Le chef de l’opposition a également accusé Netanyahou de répondre aux évolutions politiques par des « mensonges, la manipulation de l’opinion publique et la propagation du chaos ».
Après le dépouillement de l’ensemble des bulletins ordinaires, le bloc de Netanyahou a obtenu 53 sièges, contre 48 pour le bloc de l’opposition dirigé par Eisenkot. Les partis arabes ont remporté au total 19 sièges.
Aucun des deux principaux blocs n’a atteint les 61 sièges nécessaires pour obtenir la majorité absolue au sein de la Knesset, qui compte 120 membres. Les élus arabes pourraient ainsi jouer un rôle déterminant dans les négociations visant à former un gouvernement.
La nouvelle Knesset devrait être investie le 10 novembre, tandis que l’annonce officielle des résultats électoraux est prévue mercredi prochain.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
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