- Des enregistrements audio divulgués révèlent que des contrôleurs ferroviaires ont demandé à un train de reprendre sa marche à vitesse normale malgré une défaillance du système de sécurité
Londres (AA)
Le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est sous le feu des critiques après une collision meurtrière qui a fait au moins 68 morts et des dizaines de blessés mercredi.
Des enregistrements audio divulgués et obtenus par la chaîne publique RTVE indiquent que des contrôleurs du gestionnaire public du réseau ferroviaire Adif ont demandé au conducteur du train en mouvement de déconnecter le système de sécurité LZB, qui présentait un dysfonctionnement, puis de reprendre la circulation à une vitesse pouvant atteindre 200 km/h.
« Déconnectez puis reconnectez le LZB et reprenez votre trajet sous la protection du BSL, à vitesse normale », ont indiqué les contrôleurs au conducteur à 8 h 36, heure locale.
Quelques minutes plus tard, le conducteur du train Iryo a signalé qu’il ne pouvait pas poursuivre sa route : « J’ai perdu la transmission et je suis à l’arrêt au signal d’entrée d’Urda. »
Alors que le gouvernement a évoqué une erreur humaine ayant conduit à l’autorisation de faire circuler un train sur une voie déjà occupée, RTVE, citant des sources, a contesté cette chronologie, affirmant que le train Iryo n’avait pas reçu l’autorisation de repartir avant la collision.
L’accident s’est produit dans le centre de l’Espagne, à environ 140 kilomètres au sud de Madrid, entre Mora et Orgaz.
Le train reliant Madrid à Séville a percuté le train Iryo immobilisé sur les voies, projetant plusieurs voitures dans un talus.
Le train Iryo, qui transportait 147 passagers, s’était arrêté en raison d’une défaillance de son système informatique.
Le ministre des Transports, Oscar Puente, a cité une panne du système et une erreur humaine parmi les causes possibles de l’accident.
Des survivants ont décrit des scènes éprouvantes, racontant avoir été projetés dans les airs, s’être retrouvés coincés dans les débris et avoir brisé des vitres pour parvenir à s’échapper.
Cette tragédie met en lumière les failles potentielles de la ligne Madrid-Séville, mise en service en 1992, qui repose toujours sur l’ancien système de sécurité LZB au lieu du système européen moderne de gestion du trafic ferroviaire (ERTMS).
Il s’agit du deuxième accident mortel sur cette ligne en neuf mois, après une collision survenue en janvier près de Cordoue, qui avait fait 46 morts.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
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