- La présidente mexicaine réagit aux propos tenus par une candidate à la présidentielle française lors d’un rassemblement
MEXICO (AA)
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a réagi mercredi aux propos de Marine Le Pen, candidate à la présidentielle française, qui a déclaré lors d’un rassemblement qu’elle ne laisserait pas la France connaître une « mexicanisation » liée à la présence de cartels de la drogue.
« Elle est mal informée, car la “mexicanisation” qu’il faudrait promouvoir dans le monde entier est celle des valeurs de la culture mexicaine : l’honnêteté, l’amour, la solidarité et la fraternité, dont le monde a tant besoin aujourd’hui », a déclaré Sheinbaum lors de son point de presse matinal.
Marine Le Pen, figure du Rassemblement national (RN), parti français d’extrême droite, et députée à l’Assemblée nationale, a lancé sa campagne le week-end dernier en mettant fortement l’accent sur les questions de sécurité.
Elle s’est notamment inspirée de l’approche des États-Unis, qui ont classé les cartels mexicains de la drogue comme organisations terroristes et promis une ligne dure contre le crime organisé.
« Nous ne laisserons pas non plus la France basculer dans la mexicanisation avec des cartels. Nous éradiquerons sans faiblesse ces organisations criminelles en les considérant comme terroristes », a-t-elle affirmé.
Selon le dernier rapport de l’Agence de l’Union européenne pour la coopération des services répressifs (Europol), la présence et l’influence des groupes criminels latino-américains dans l’Union européenne se sont accrues, notamment dans le trafic de drogue.
Ces organisations nouent des alliances avec des mafias européennes locales.
Toutefois, si Marine Le Pen a évoqué l’insécurité au Mexique et le crime organisé pour illustrer les causes des violences dans le pays, le rapport d’Europol ne mentionne pas les cartels mexicains.
Il cite plutôt des organisations colombiennes, comme le Clan del Golfo, brésiliennes, comme le Primeiro Comando da Capital (PCC), ainsi que le cartel équatorien Los Lobos.
Des organisations criminelles mexicaines, dont le Cartel de nouvelle génération de Jalisco (CJNG) et le cartel de Sinaloa, ont néanmoins été signalées en France ces derniers mois.
Ce dernier a notamment été associé à un laboratoire de méthamphétamine démantelé l’année dernière par la gendarmerie française.
Le terme « mexicanisation » est utilisé depuis plusieurs années par des responsables politiques français pour désigner des actes de violence en France. En 2024, le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, avait employé cette expression pour mettre en garde contre une recrudescence des violences dans le pays, à la suite d’une fusillade dans un restaurant.
L’utilisation de ce terme avait suscité une vive indignation parmi les responsables mexicains, entraînant une réaction de l’ambassade du Mexique en France.
« L’utilisation de cette expression ne fait pas que stigmatiser et véhiculer des stéréotypes sur le Mexique, elle constitue également une nouvelle épreuve pour les familles mexicaines touchées par la violence. Elle minimise aussi les efforts considérables déployés par le gouvernement mexicain pour lutter contre les violences dans certaines régions du territoire et fragilise la coopération entre les membres de la communauté internationale, notamment le Mexique et la France, dans la lutte contre le fléau du trafic de drogue et ses conséquences déplorables à travers le monde », a déclaré l’ambassade.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
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