- Selon le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois, des affrontements ont opposé des individus issus de mouvances d’ultradroite et d’ultragauche dans le centre-ville, après la dispersion de la manifestation
AA / Istanbul / Wafae El Baghouani
Une enquête pour « violences aggravées » a été ouverte à Rouen, dans le nord-ouest de la France, après la diffusion d’une vidéo montrant des individus présentés comme des militants d’ultradroite en train de frapper un homme au sol, en marge d’une manifestation organisée samedi 24 octobre, a rapporté lundi la presse française, citant le parquet.
Selon le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois, des affrontements ont opposé des individus issus de mouvances d’ultradroite et d’ultragauche dans le centre-ville, après la dispersion de la manifestation.
Une vidéo diffusée sur le réseau social américain X par le média français Blast montre plusieurs individus, dont certains masqués ou cagoulés, courir dans les rues avant de s’en prendre à un homme à terre.
Les images montrent également une dizaine de policiers traversant le groupe pour procéder au contrôle de la victime, tandis que les agresseurs présumés se retirent en scandant des slogans nationalistes, notamment « Rouen nationaliste » et « La rue, la France, nous appartient ».
L’enquête, ouverte dimanche et confiée à la police nationale, vise à établir les circonstances des violences et à identifier leurs auteurs.
Le préfet de Seine-Maritime a également transmis lundi au parquet les éléments portés à sa connaissance, conformément à l’article 40 du Code de procédure pénale.
- Des élus réclament la dissolution de groupuscules d’ultradroite
La députée socialiste de Seine-Maritime, Florence Herouin-Léautey, et le maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, ont alerté dimanche le préfet sur plusieurs agressions présumées commises par des individus appartenant à l’ultradroite.
Dans leur courrier, les deux élus dénoncent une recrudescence des violences attribuées à ces mouvances dans la ville, estimant que certains groupes agissent désormais « à visage découvert ».
Ils ont également demandé lundi au Premier ministre français, Sébastien Lecornu, la dissolution de plusieurs organisations d’ultradroite, notamment « Les Normaux » et « L’Action française ».
Selon les élus, le groupuscule « Les Normaux » serait l’héritier local de Génération identitaire, organisation dissoute par les autorités françaises en 2021.
Les deux mouvements participeraient depuis plusieurs années à la « Marche des Normands », un rassemblement identitaire organisé cette année le 17 octobre à Rouen.
Les élus affirment que des violences ont également été commises lors de cette mobilisation par des individus armés, qui auraient manifesté leur intention de s’en prendre à d’autres personnes.
En juin 2024, le groupuscule « Les Normaux » avait par ailleurs annoncé l’organisation à Rouen d’une soirée intitulée « Ausländer raus », expression allemande signifiant « Les étrangers dehors ».
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