- « Ce n’est pas au ministre de le décider », réagit la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, à l’appel d’Édouard Geffray au retour des élèves en classe, en défendant la poursuite de la mobilisation lycéenne
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
La présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a dénoncé une « atteinte grave au droit de manifester », après l’adoption par le Sénat, dans la nuit, du projet de loi dit « casseurs-payeurs ».
« Le fait que l’État puisse se retourner contre les auteurs [de dégradations] existe déjà (...). Cette loi est une atteinte grave au droit de manifester », a-t-elle déclaré sur TF1.
La députée s’est également opposée aux mesures susceptibles de pénaliser les familles des auteurs de dégradations, notamment celles touchant aux prestations sociales.
« Qu’un jeune, par exemple, fasse une bêtise et que son frère et sa sœur payent, je ne suis pas d’accord », a-t-elle insisté.
Le Sénat a adopté le projet de loi par 229 voix contre 105. Présenté par le gouvernement comme une réponse aux dégradations commises en marge de mouvements de contestation, notamment celles du 17 octobre, le texte doit désormais être examiné par l’Assemblée nationale.
Initialement centré sur les mécanismes de responsabilité solidaire des auteurs de troubles et la saisie de leurs prestations sociales, il a été élargi et durci par la chambre haute, dominée par la droite, pour intégrer plusieurs mesures de maintien de l’ordre.
- Parcoursup dans le viseur de La France insoumise (LFI)
Interrogée également sur Parcoursup, Mathilde Panot a dénoncé une « machine à tri social » et affirmé que LFI supprimerait ce dispositif d’accès à l’enseignement supérieur en cas d’élection de Jean-Luc Mélenchon à la présidence de la République.
« Nous abrogeons un système qui est un système de machine à tri social qui laisse 125 000 bacheliers sur le carreau », a-t-elle déclaré.
Elle a proposé de lui substituer un « système sans sélection », sans en préciser les modalités lors de cet entretien.
- Poursuite de la mobilisation
Mathilde Panot a par ailleurs défendu la poursuite de la mobilisation lycéenne, au lendemain d’un appel du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, au retour des élèves en classe à la rentrée des vacances.
« Ce n’est pas au ministre de le décider », a-t-elle réagi.
« Une mobilisation s’arrête quand les revendications sont remplies. Or, là, les organisations étudiantes appellent à manifester samedi et nous y serons », a ajouté la présidente du groupe LFI.
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