- Journée d’action internationale le 30 octobre contre la guerre et la militarisation des ports, grève de 24 h en France
AA / Istanbul / Mariem Njeh
Des syndicats de dockers d’Europe, de Méditerranée et d’ailleurs appellent à une journée d’action internationale vendredi 30 octobre. Ils réclament la fin des conflits au Moyen-Orient, l’ouverture de corridors humanitaires pour Gaza et l’interdiction d’utiliser les ports pour acheminer du matériel militaire. En France, la CGT annonce une grève de 24 heures dans les ports ; en Italie, le syndicat USB appelle à une grève générale.
Par où transitent la plupart des marchandises du monde ? Par les ports. Selon la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), environ 80 % du volume du commerce mondial voyage par la mer. Quand les dockers, maillon central de cette chaîne, appellent à cesser le travail, l’effet dépasse largement les quais.
Ce vendredi, des syndicats de dockers de plusieurs continents doivent observer une « deuxième journée internationale d’action », annoncée par la Fédération syndicale mondiale (FSM) sous le mot d’ordre « Ports pour la paix, emplois dignes ».
- Une mobilisation née à Istanbul
L’initiative découle de la déclaration d’Istanbul, adoptée les 18 et 19 mai par des syndicats de plus de 35 ports européens et méditerranéens. Le texte affirme que les dockers ne doivent pas devenir « un maillon de la chaîne de leurs guerres ». Il fait suite à une première journée d’action, le 6 février, qui avait touché 20 ports dans sept pays, selon les organisateurs.
Les signataires dénoncent « le génocide du peuple palestinien ». Ils réclament la fin des hostilités au Moyen-Orient, l’ouverture de corridors humanitaires pour acheminer l’aide à la population palestinienne et la reconnaissance d’un État palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Ils expriment aussi leur solidarité avec les peuples de Cuba, du Venezuela et du Soudan.
Ils exigent que les ports ne servent pas au transport d’armes, de munitions ou de troupes vers des zones de conflit. Sur le plan social, ils demandent des hausses de salaire, la sécurité de l’emploi, des hausses de pensions, une réduction du temps de travail et l’encadrement de l’automatisation.
- Une portée qui dépasse la Méditerranée
Le mouvement a depuis élargi son cadre. Selon la FSM et le syndicat italien USB, des mobilisations sont prévues dans plus de 100 ports (17 pays selon l’USB) d’Europe, des Amériques, d’Asie et d’Afrique. L’Internationale syndicale des transports, ports, pêche et communications (TUI TPFC), affiliée à la FSM, évoque de son côté « près de 100 ports sur quatre continents ».
En Grèce, le syndicat Enedep et le PAME annoncent une grève dans le port du Pirée, le plus grand du pays, ainsi que des rassemblements à Éleusis, Lavrio, Thessalonique, Patras, Igoumenitsa et Chalcis.
- En France, une grève de 24 heures
La fédération nationale des ports et docks CGT, qui dit représenter près de 90 % des salariés du secteur, appelle à une grève de 24 heures. Son secrétaire général, Tony Hautbois, affirme que les ports français seront « à l’arrêt à 95 % » vendredi. Selon le syndicat, quelque 14 000 travailleurs portuaires, dont environ 7 500 dockers, sont concernés, de Dunkerque au Havre, de Marseille à Fos-sur-Mer, jusqu’à La Réunion.
L’appel a été lancé dans un cadre européen par l’European Dockworkers Council (EDC), précise la CGT. Le syndicat conteste la « militarisation des installations sous l’impulsion de la Commission européenne ». Il s’oppose aussi aux orientations du projet de budget du gouvernement Lecornu et à l’automatisation des opérations de manutention.
- En Italie, une grève générale en plus des ports
En Italie, l’Unione Sindacale di Base (USB) a étendu la mobilisation à une grève générale dans tout le pays, avec des rassemblements dans plusieurs dizaines de villes, dont Rome, Milan, Naples, Gênes, Trieste et Palerme. Le syndicat dénonce « l’économie de guerre » imposée, selon lui, par le gouvernement, ainsi que la hausse du coût de la vie. Il réclame une baisse des prix, des tarifs de l’énergie, des loyers et des mensualités de crédit, et des hausses de salaire.
- En Türkiye, des déclarations à la presse dans trois ports
Le secrétaire général du syndicat Liman-Is, Fatih Özpinar, a annoncé que les ports d’Istanbul, de Mersin et de Gemlik s’associeraient à l’action internationale par des déclarations à la presse. Une déclaration est également prévue à Ankara, devant l’hôtel Greenpark.
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