-Le gouvernement prépare des amendements sur les interdictions de manifester et évoque une possible suspension des réseaux sociaux lors de pillages, avant de nouvelles mobilisations

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France : Nuñez envisage de nouvelles restrictions après les violences du 17 octobre

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé mercredi au Sénat des amendements sur les interdictions de manifester et évoqué une possible suspension des réseaux sociaux lors de pillages, après les violences du 17 octobre.

Interrogé lors des questions au gouvernement, il a également promis des renforts pour les prochaines manifestations, tout en reconnaissant des failles dans le dispositif déployé samedi.

-Réseaux sociaux et interdictions de manifester

Laurent Nuñez a évoqué la possibilité de suspendre l’utilisation des réseaux sociaux lorsque ceux-ci servent à coordonner des pillages. Selon lui, une décision du Conseil d’État de 2025 encadre strictement une telle mesure en circonstances exceptionnelles. Aucun calendrier ni décision de suspension n’a été annoncé.

Le ministre a également indiqué réfléchir à un renforcement des sanctions contre les infractions commises à l’aide de ces plateformes. Il a toutefois souligné les difficultés techniques et juridiques liées à l’accès aux échanges chiffrés.

Dans le cadre du projet de loi dit « casseur-payeur », il a annoncé des amendements gouvernementaux concernant les interdictions de manifester dans l’espace public, en réponse à une question sur des interdictions administratives. Une réflexion porte aussi sur la dissimulation du visage en manifestation.

-Des failles reconnues, des renforts promis

« Les services de renseignement avaient prévu une participation maximale de 200 000, il y a eu 550 000 personnes », a confirmé Laurent Nuñez. Il a reconnu que les casseurs avaient été plus nombreux qu’anticipé dans certaines villes et décrit des attaques simultanées destinées à disperser les forces de l’ordre.

« Évidemment que ça n’est pas un succès », a-t-il déclaré à propos de Marseille, tout en rejetant les accusations de laisser-faire et en assurant assumer sa responsabilité. Il a indiqué que 75 unités de forces mobiles avaient été engagées, dont 70 sur les événements.

Le ministre a promis davantage de forces, plus mobiles et réactives, à Marseille pour samedi, ainsi qu’un renforcement à Limoges. Il a annoncé un déplacement vendredi dans cette dernière ville avec le Premier ministre Sébastien Lecornu.

À Orléans, un dispositif « extrêmement conséquent » doit sécuriser le congrès du Rassemblement national et encadrer les contre-manifestations. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues samedi, selon lui.

-Lecornu accuse l’ultragauche, les socialistes demandent une enquête

Sébastien Lecornu a dénoncé un « agenda de déstabilisation » de l’extrême gauche radicale et de l’ultragauche visant, selon lui, à perturber l’élection présidentielle. Il a distingué ces violences des mobilisations sociales et syndicales.

Le Premier ministre a également accusé La France insoumise d’une « atteinte très grave à l’État de droit » pour ses critiques contre l’action de la police et de la justice.

Concernant l’incendie de la mairie de Limoges, il a indiqué que le Parquet national antiterroriste était en position d’« observateur », sans annoncer qu’il dirigeait l’enquête.

La sénatrice socialiste Marie-Arlette Carlotti a indiqué que son groupe avait demandé une commission d’enquête. À droite, Bruno Retailleau a réclamé l’instauration de l’état d’urgence.

-Des réponses sociales attendues

Ces échanges interviennent après les pillages, incendies et dégradations survenus en marge de la mobilisation du 17 octobre contre la vie chère et les conditions d’études.

Sébastien Lecornu a annoncé des réponses aux lycéens d’ici lundi autour de cinq chantiers : effectifs des classes, remplacements des enseignants, démocratie lycéenne, bâtiments scolaires et orientation, dont Parcoursup.

En outre-mer, la ministre a fait état de renforts de gendarmerie pour la Réunion et la Guadeloupe et rappelé le déploiement d’un plan de lutte contre le narcotrafic doté de 14 millions d’euros. Elle a également promis des réponses aux revendications sur la vie chère.​​​​​​​

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