- Le gouvernement tente de contenir un mouvement d’humeur qu’il juge illicite et inopportun compte tenu des JOJ Dakar 2026 qui débutent le 31 octobre.
AA / Dakar / Alioune Ndiaye
Le Front syndical pour la défense du travail (Fsdt) a déclenché mercredi une grève générale de trois jours (21 au 23 octobre) pour dénoncer la dégradation du dialogue social et le retard dans l’exécution des accords sociaux conclus entre l'État et les centrales syndicales.
Parmi les principales revendications du Fdts figurent le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans, la baisse des prix des denrées de première nécessité, de l’eau, de l’électricité et des hydrocarbures, la réintégration sans condition des travailleurs licenciés, l’amélioration de la gouvernance de l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal et de la Caisse de sécurité sociale.
Le Fsdt a réaffirmé mardi sa détermination pour ce mouvement d’humeur à travers lequel il entend mettre l'État devant ses responsabilités afin de s’assumer pleinement.
« Nous ne reculerons pas. Le mot d’ordre de 72 heures de grève va s’opérer. Nous n’avons jamais refusé le dialogue. Nous avons tendu la main au gouvernement du Sénégal et sommes ainsi à l’écoute. La balle est dans leur camp », a indiqué Mody Guiro, secrétaire général de la confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) et président du Fsdt.
Le gouvernement, à travers un communiqué du ministère chargé du travail et de la fonction publique a qualifié la grève d’illicite et inopportune tout en invitant les centrales à y surseoir et à poursuivre les discussions au moins d’ici janvier 2027.
« Le patriotisme aurait dû imposer le respect de l'image du pays », a relevé le document, évoquant comme argument la proximité avec les JOJ Dakar 2026 (Jeux Olymiques de la Jeunesse) qui s’ouvrent le 31 octobre.
Des ponctions sur salaires et mesures disciplinaires ont été brandies par le ministère à l'encontre des grévistes.
« Un préavis de grève unique adressé au seul ministre chargé de la Fonction publique et du Travail ne saurait servir de base légale à une grève générale et couvrir les travailleurs et agents relevant desdits secteurs », a insisté le ministère.
Au premier jour de la grève, des secteurs comme l’éducation, la santé ont été durement impactés avec un respect du mot d’ordre dans plusieurs villes du pays.
Dans la volonté de contenir le mouvement, des réquisitions ont été faites par le Gouverneur de Dakar pour assurer la continuité du service notamment dans le secteur de l’électricité et du transport public.
« C’est une réquisition abusive qui porte sur la moitié du personnel pour briser l’élan de grève », a noté Mohamed Abib Aidara, secrétaire général du syndicat unique des travailleurs de l’électricité (Sutelec).
« Tous ceux qui sont sur la liste de l’autorité ont retrouvé leur poste. Pour autant le mot d’ordre a été très bien suivi si vous faites le tour des agences à travers le pays », a-t-il affirmé.
A Dakar Dem Dikk, société nationale de transport, en plus de la réquisition, la direction a eu recours à l’armée pour assurer les dessertes urbaines et interurbaines qu’effectuent au quotidien la société.
Le Fsdt s’est félicité pour sa part de la mobilisation de ses membres et les a incités à maintenir le cap.
Le climat social est tendu depuis quelques années. Une accalmie précaire est intervenue suite à la signature, le 1er mai 2025, du pacte national de stabilité sociale entre 24 centrales syndicales, 4 organisations patronales et le gouvernement.
Cet accord fixait un plan d’action sur 10 axes pour renforcer le dialogue social, l’emploi, la protection sociale et la réforme de l’administration.
C’est le retard dans l’exécution qui est principalement à l’origine de la grève générale portée par 13 centrales syndicales sur 24 signataires.
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