- Les experts ont notamment fait état de blessures graves, parfois irréversibles, subies par des manifestants mineurs lors des opérations de maintien de l’ordre
AA/İstanbul/Sanaa Amir
Des experts des Nations unies ont dénoncé vendredi le recours excessif à la force et les arrestations massives lors des manifestations étudiantes organisées en France, estimant que la réponse sécuritaire des autorités est disproportionnée et ne permet pas de répondre aux causes profondes de la mobilisation.
« Le recours excessif à la force, les violences et les arrestations massives ne constituent pas des réponses appropriées à un mouvement de contestation sociale dans un État de droit », ont-ils déclaré dans un communiqué, se disant « consternés » par le niveau de violence subi par les lycéens et les étudiants mobilisés à travers le pays.
Les experts ont notamment fait état de blessures graves, parfois irréversibles, subies par des manifestants mineurs lors des opérations de maintien de l’ordre. Ils ont qualifié ces blessures d’« inacceptables et injustifiables ».
Ils ont également estimé que les arrestations et les placements en détention de plusieurs milliers de personnes, principalement des mineurs, semblaient disproportionnés et risquaient de dissuader les jeunes d'exercer leurs libertés d’expression et de réunion pacifique.
« Si les enquêtes, notamment celles menées par l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN), sont indispensables, des consignes claires de la part de la hiérarchie et une position politique condamnant fermement et sans ambiguïté toute violence policière le sont tout autant », ont-ils souligné.
Le mouvement de contestation a commencé à prendre de l’ampleur à partir de la mi-septembre 2026, d’abord dans les lycées, avant de s’étendre aux universités avec la participation des étudiants.
Les manifestants réclament notamment un système éducatif fonctionnel, de meilleures conditions matérielles d’apprentissage, des emplois du temps adaptés dans les établissements scolaires et universitaires, ainsi qu’une plus grande égalité territoriale et sociale dans l’accès à une éducation de qualité.
Selon les experts, ces revendications sont depuis longtemps soulevées par les enseignants.
Ils ont rappelé que le droit à l’éducation constitue une obligation internationale pour les États, qui doivent notamment mobiliser le maximum de ressources disponibles pour en garantir l’exercice.
Les experts ont par ailleurs relevé que les autorités françaises avaient lancé plusieurs initiatives en octobre afin de faciliter le dialogue et de répondre aux demandes des élèves et des étudiants.
Ils ont toutefois regretté que la priorité accordée à une réponse principalement axée sur la sécurité ait relégué au second plan les causes profondes de la mobilisation.
Tout en condamnant les violences commises lors des manifestations, notamment les blessures infligées à des policiers, les dégradations de bâtiments et les actes de vandalisme visant des commerces, ils ont appelé à enquêter sur ces faits et à traduire leurs auteurs en justice.
Les experts ont enfin rappelé leurs précédents échanges avec la France, au cours desquels ils avaient recommandé un réexamen approfondi des stratégies et des pratiques de maintien de l’ordre, afin de permettre aux manifestants d’exprimer leurs préoccupations et de favoriser un règlement pacifique des conflits sociaux.
Ils ont indiqué être en contact avec les autorités françaises au sujet de cette situation.
Anadolu Ajansı / Sanaa Ou Amir Ahamada — Anadolu Ajansı
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