- Ils réclament une participation accrue des pays africains aux processus décisionnels, afin que leurs intérêts soient davantage pris en compte dans la gouvernance économique mondiale

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Russie-Afrique : Moscou et les pays africains plaident pour une réforme des institutions financières mondiales

AA / Bamako / Amarana

La Russie et les pays africains ont appelé, jeudi, à une réforme en profondeur des principales institutions financières et commerciales internationales, notamment le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et l'Organisation mondiale du commerce (OMC), afin de garantir une gouvernance mondiale plus équitable et inclusive.

Moscou et ses partenaires africains plaident pour une réforme globale du FMI et de la Banque mondiale, fondée sur les principes de dépolitisation, d'égalité entre les États et de respect des intérêts de l'ensemble des parties prenantes.

Les signataires insistent particulièrement sur la nécessité de renforcer la représentation du continent africain au sein des instances dirigeantes de ces deux institutions financières internationales.

Ils réclament également une participation accrue des pays africains aux processus décisionnels, afin que leurs intérêts soient davantage pris en compte dans la gouvernance économique mondiale.

Sur le plan commercial, la Russie et les pays africains se prononcent en faveur d'une réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), dans l'objectif de promouvoir un système commercial international ouvert, transparent, inclusif, non discriminatoire et fondé sur des règles communes.

Les parties réaffirment, par ailleurs, leur attachement au rôle central de l'OMC dans la régulation des échanges internationaux.

Elles soulignent notamment l'importance de préserver les principes fondamentaux de l'organisation, parmi lesquels la prise de décision par consensus, le traitement de la nation la plus favorisée ainsi que les dispositions relatives au traitement spécial et différencié accordé aux pays en développement et aux pays les moins avancés.

Cette déclaration traduit la volonté affichée par Moscou et ses partenaires africains de promouvoir une transformation des mécanismes de gouvernance économique internationale, en accordant une place plus importante aux économies africaines dans les institutions multilatérales.

Une représentation africaine jugée insuffisante

L'un des principaux reproches formulés par les pays africains concerne leur faible influence dans les décisions du FMI et de la Banque mondiale, deux institutions dont la gouvernance repose largement sur le poids économique et les contributions financières des États membres.

Au FMI, les droits de vote sont notamment déterminés par un système de quotes-parts qui favorise les grandes puissances économiques. Les pays africains estiment que cette répartition ne reflète pas suffisamment leur poids démographique, leurs besoins de financement et leur place dans l'économie mondiale.
Ils réclament ainsi une augmentation de leur représentation dans les organes dirigeants et une participation plus importante aux décisions relatives aux politiques financières internationales.

Des conditions de financement régulièrement contestées

Au-delà de la représentation, les politiques de financement du FMI et de la Banque mondiale font l'objet de critiques récurrentes sur le continent.

Plusieurs gouvernements et organisations africaines reprochent notamment au FMI les conditions parfois imposées en contrepartie de ses prêts, telles que la réduction des dépenses publiques, la suppression de certaines subventions ou l'adoption de réformes fiscales.

Ces mesures, destinées à rétablir les équilibres macroéconomiques, sont critiquées pour leurs conséquences sociales potentielles, notamment sur le pouvoir d'achat des populations et le financement des services publics.

La Banque mondiale est, pour sa part, régulièrement interpellée sur l'insuffisance des financements concessionnels et les difficultés d'accès aux ressources nécessaires à la construction d'infrastructures, à l'industrialisation et à la lutte contre la pauvreté.

La question de l'endettement constitue également une préoccupation majeure pour plusieurs économies africaines, confrontées à un coût élevé du financement et à un service de la dette qui réduit leurs marges budgétaires.

Ces critiques, régulièrement exprimées dans les débats africains sur l'architecture financière internationale, dépassent toutefois les seules revendications explicitement formulées dans la déclaration du sommet de Moscou.

L'OMC accusée de ne pas garantir des échanges suffisamment équitables

Concernant l'Organisation mondiale du commerce, les pays africains et la Russie ont demandé une réforme destinée à garantir un système commercial multilatéral ouvert, transparent, inclusif et non discriminatoire.

Les préoccupations africaines portent notamment sur les déséquilibres des échanges internationaux, les subventions agricoles accordées par certaines économies développées et les obstacles qui limitent l'accès des produits africains aux marchés mondiaux.
Ces pratiques sont régulièrement dénoncées par des pays en développement, qui estiment qu'elles pénalisent la compétitivité de leurs producteurs et entravent la transformation industrielle de leurs économies.

Les participants au sommet ont également insisté sur le maintien du traitement spécial et différencié accordé aux pays en développement et aux pays les moins avancés, afin de tenir compte de leurs contraintes économiques.

Ils ont réaffirmé leur attachement au rôle central de l'OMC, à la prise de décision par consensus et au principe de la nation la plus favorisée.

Anadolu Ajansı / Amarana Malga — Anadolu Ajansı

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