- L’Organisation internationale pour les migrations appelle les donateurs à agir sans délai, alors que les déplacements se sont fortement accélérés ces dernières semaines

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Yémen : plus de 200 000 déplacés sur fond de manque de financements, alerte l’ONU

ISTANBUL (AA)

Plus de 200 000 personnes ont été contraintes de quitter leur domicile au Yémen depuis le début des combats, avec une forte accélération des déplacements ces dernières semaines sur fond de financements dangereusement insuffisants, a indiqué mercredi l’agence des Nations unies pour les migrations.

Ce chiffre représente plus de 33 700 ménages, selon les dernières données de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

La quasi-totalité des personnes recensées ont été déplacées depuis le 1er septembre.

« Les gens fuient pour sauver leur vie et ne trouvent aucun endroit sûr où aller », a déclaré la directrice générale de l’OIM, Amy Pope.

« Ils ont besoin d’un toit, de nourriture et de sécurité dès aujourd’hui. Nos équipes sont sur le terrain, mais les financements ne suivent pas. Je demande aux donateurs d’agir maintenant, car chaque jour de retard coûte des vies », a-t-elle ajouté.

L’ampleur des déplacements a rapidement augmenté.

À la mi-septembre, 76 000 déplacés avaient été recensés. Ce chiffre dépassait 145 000 à la fin du mois.

Les déplacements concernent désormais dix gouvernorats. Celui de Taëz, au cœur des combats, est le plus touché et concentre 57 % des personnes déplacées.

Viennent ensuite les gouvernorats de Lahj, Aden, Abyan et Hodeïda.

- Une crise qui dépasse les frontières du Yémen

La crise s’étend également au-delà des frontières du Yémen : plus de 3 700 personnes ont fui par la mer vers Djibouti.

Beaucoup arrivent épuisées à bord d’embarcations surchargées, avec peu de nourriture ou d’eau. Les familles partent souvent en n’emportant presque rien.

Nombre d’entre elles effectuent la traversée de nuit, emportant ce qu’elles peuvent. La majorité des personnes qui arrivent sont des femmes et des enfants.

« Chaque jour, nos équipes rencontrent des familles qui ont tout perdu », a déclaré Amy Pope.

« Nous savons ce dont elles ont besoin. Nous savons comment leur apporter cette aide. Ce qui nous manque, ce sont les moyens de les atteindre toutes. »

L’hébergement constitue le besoin le plus urgent, cité par 35 % des déplacés. Viennent ensuite la nourriture, pour 33 % d’entre eux, et l’aide financière, pour 22 %. Une personne sur dix considère la protection comme son besoin prioritaire.

Les stocks de secours s’amenuisent, tandis que les besoins humanitaires augmentent plus vite que les ressources disponibles.

L’agence onusienne a appelé la communauté internationale à fournir immédiatement des financements pour permettre aux partenaires humanitaires de sauver des vies au Yémen.

Le pays est plongé dans un conflit depuis la prise de la capitale Sanaa et de plusieurs provinces par les Houthis en 2014. Une coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite est intervenue en 2015 en soutien au gouvernement reconnu par la communauté internationale.

*Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy

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