- Les forces de l’ordre ont repoussé les étudiants à coups de gaz lacrymogène, tandis que trois députés LFI se sont interposés.
AA / Paris / Ümit Dönmez
Les forces de l’ordre sont intervenues, mercredi à Paris, pour lever les barricades dressées par des étudiants de Sciences Po aux abords du boulevard Saint-Germain, au lendemain d’une vaste mobilisation lycéenne et étudiante dans la capitale.
Les policiers ont repoussé les étudiants afin de dégager les barrages, en faisant usage de gaz lacrymogènes et de matraques, selon les constatations d’Anadolu sur place.
Les étudiants avaient installé plusieurs barricades dans le secteur de Sciences Po, dont le site historique de la rue Saint-Guillaume avait été bloqué dès le matin. La direction de l’établissement avait indiqué aux étudiants que l’accès à l’ensemble des bâtiments était fermé en raison du blocage.
Les tensions se sont concentrées autour du boulevard Saint-Germain lorsque les forces de l’ordre ont entrepris de démonter les installations érigées par les manifestants.
Les étudiants ont tenté de maintenir leurs positions face au dispositif policier, tandis que plusieurs grenades lacrymogènes ont été tirées pour disperser les groupes rassemblés autour des barricades.
Trois députés de La France insoumise (LFI), Gabriel Cathala, Thomas Portes et Antoine Léaument, étaient également présents sur place.
Les trois élus se sont positionnés entre les forces de l’ordre et les étudiants au moment de l’intervention, dans une tentative de s’interposer physiquement entre les deux groupes, selon les constatations d’Anadolu.
La mobilisation à Sciences Po intervient au lendemain de la manifestation nationale du 6 octobre, qui a rassemblé des dizaines de milliers de lycéens, étudiants, enseignants et parents à Paris, ainsi que plusieurs centaines de milliers de personnes à travers la France.
Les étudiants de Sciences Po avaient été relativement peu visibles dans les blocages de la veille, les cours ayant été basculés à distance et plusieurs sites universitaires parisiens ayant fermé administrativement.
Le blocage de mercredi marque ainsi une nouvelle étape dans l’élargissement du mouvement lycéen aux établissements d’enseignement supérieur.
La contestation, commencée dans plusieurs lycées franciliens avant de s’étendre à l’ensemble du pays, porte notamment sur le manque d’enseignants, les classes surchargées, l’état de certains établissements et le manque de moyens dans l’Éducation nationale.
Le mouvement s’accompagne également d’une contestation croissante des méthodes de maintien de l’ordre, après plusieurs blessures graves signalées lors des mobilisations des semaines précédentes.
Le gouvernement français défend de son côté l’action des forces de l’ordre, tout en affirmant que les éventuels comportements fautifs doivent faire l’objet d’enquêtes. Plusieurs procédures ont déjà été ouvertes après des blessures de manifestants au cours des précédentes journées de mobilisation.
Le mouvement étudiant et lycéen devrait se poursuivre, plusieurs organisations ayant déjà appelé à de nouvelles actions dans les établissements et dans la rue.
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