- La députée LFI affirme que son mouvement ne provoque pas les blocages mais soutient les revendications des lycéens et étudiants mobilisés.
AA / Paris / Ümit Dönmez
La députée de La France insoumise (LFI) Gabrielle Cathala a rejeté, mercredi à Paris, les accusations du gouvernement selon lesquelles son mouvement politique serait à l’origine ou participerait à l’organisation des blocages lycéens et étudiants.
La parlementaire s’exprimait auprès d’Anadolu à proximité de Sciences Po, où des étudiants avaient dressé des barricades avant une intervention des forces de l’ordre.
« Dès qu’il se passe quelque chose dans le pays, c’est la faute de La France insoumise », a-t-elle ironisé, avant d’affirmer que la situation était, selon elle, « exactement inverse ».
« Dès qu’il se passe quelque chose dans le pays et que des gens portent des revendications, La France insoumise est le mouvement politique qui les soutient, qui les écoute et qui porte leurs revendications à l’Assemblée nationale, ailleurs et dans les médias », a déclaré Gabrielle Cathala.
Le gouvernement avait accusé ces derniers jours LFI et des groupes d’ultragauche d’avoir joué un rôle dans la multiplication des blocages et des violences en marge de la mobilisation lycéenne. Matignon avait notamment évoqué, sur la base d’informations attribuées aux services de renseignement, une mobilisation organisée ou encouragée par LFI et ses relais, ce que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon conteste.
Gabrielle Cathala estime pour sa part que les jeunes mobilisés expriment avant tout des revendications liées à leurs conditions d’études.
« Les lycéens et les étudiants demandent des conditions d’apprentissage correctes, un nombre suffisant de personnels et, tout simplement, un avenir », a-t-elle déclaré.
La députée a également élargi son propos aux inquiétudes sociales et environnementales qui traversent, selon elle, la jeunesse française, citant notamment le dérèglement climatique, le chômage et la dégradation des services publics.
Elle estime que les manifestants ne défendent ainsi pas seulement leurs propres intérêts, mais « la totalité de la population », soulignant que des personnes plus âgées ont également rejoint le mouvement.
Gabrielle Cathala était présente aux côtés d’autres députés LFI lors du face-à-face entre étudiants et forces de l’ordre près de Sciences Po.
Elle a expliqué être venue « en solidarité avec les étudiants et les lycéens » mobilisés depuis plusieurs jours et dénoncé les violences dont certains auraient été victimes.
La députée a également critiqué le traitement médiatique du mouvement, estimant qu’il se concentrait sur « quelques violences anecdotiques » tout en accordant moins d’attention aux violences imputées aux forces de l’ordre.
Elle a toutefois insisté sur le fait que sa critique ne visait pas individuellement les policiers : « Il ne s’agit pas de regarder tel policier individuellement. Ce sont les ordres donnés de manière structurelle qui sont problématiques », a-t-elle expliqué, estimant que la priorité devrait être donnée à la désescalade.
La députée a notamment dénoncé l’usage de la technique dite de la « nasse », consistant à encercler et maintenir des manifestants dans un périmètre restreint.
Elle a affirmé que cette pratique avait été critiquée par différentes institutions et organisations de défense des droits humains, parmi lesquelles le Défenseur des droits, la Commission nationale consultative des droits de l’homme, Amnesty International et la Ligue des droits de l’Homme.
Gabrielle Cathala a également détaillé les revendications qu’elle dit avoir entendues auprès des étudiants mobilisés.
Elle cite notamment « des conditions d’apprentissage correctes », davantage d’enseignants et de personnels de l’Éducation nationale, ainsi qu’un renforcement des services médicaux et infirmiers dans les établissements scolaires et universitaires.
La députée a également évoqué la suppression de Parcoursup parmi les revendications portées par une partie des lycéens.
Elle considère que la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur génère une forte anxiété chez les jeunes et produit des inégalités entre établissements et territoires.
La parlementaire a enfin souligné la dimension de solidarité sociale du mouvement, estimant que des étudiants issus d’établissements favorisés se mobilisent également pour ceux qui étudient dans des conditions plus difficiles.
La mobilisation lycéenne, commencée en région parisienne avant de s’étendre à de nombreuses villes françaises, a donné lieu ces dernières semaines à des blocages d’établissements, des manifestations et plusieurs affrontements avec les forces de l’ordre.
Le gouvernement accuse LFI d’instrumentaliser ou d’encourager une partie de cette contestation, tandis que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon affirme soutenir un mouvement autonome né des difficultés rencontrées dans les établissements scolaires.
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