- Sébastien Lecornu réunira lundi syndicats et patronat à Matignon sur les salaires et le pouvoir d’achat

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Manifestations du 5 novembre : près de 600 000 participants, la mobilisation au plus haut

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Près de 600 000 personnes ont manifesté jeudi en France pour les salaires et le pouvoir d’achat, selon un bilan provisoire du ministère de l’Intérieur établi à 17 heures, faisant de cette journée la plus suivie depuis le début du mouvement.

Ce décompte, Paris compris, dépasse les bilans ministériels du 17 octobre (550 000 manifestants), du 24 octobre (410 000) et du 31 octobre (320 000).

À l’appel de l’intersyndicale, les participants réclament également des mesures pour l’emploi, l’industrie et les services publics, et contestent les orientations des budgets de l’État et de la Sécurité sociale.

-Une conférence sociale lundi

Sébastien Lecornu réunira lundi à Matignon les organisations syndicales et patronales pour une conférence sociale destinée à « apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires », ont annoncé ses services.

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, doit finaliser les concertations d’ici dimanche. David Amiel, chargé de l’Action et des Comptes publics, poursuit les échanges avec les représentants des agents publics.

-Des heurts à Lyon et Bordeaux

À Lyon, la préfecture du Rhône recense 30 500 manifestants, contre 55 000 selon la CGT. Elle fait état de 40 blessés, dont 34 membres des forces de l’ordre, de cinq commerces dégradés et de 24 interpellations, notamment pour des tirs de mortier et des jets de projectiles.

Elle attribue les dégradations à un groupe d’environ 500 personnes en tête de cortège, soulignant que l’immense majorité des participants a défilé dans le calme.

À Bordeaux, la préfecture compte 21 000 manifestants, contre 120 000 selon la CGT. Après le défilé, les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour évacuer la place de la Victoire, rapporte France 3 Nouvelle-Aquitaine.

À Strasbourg, la CGT revendique entre 25 000 et 30 000 participants et la CFDT 25 000, selon France 3 Grand Est.

-Plusieurs semaines de contestation

La mobilisation prolonge un mouvement lycéen et étudiant sur les conditions d’études et l’accès au supérieur, élargi depuis aux salaires, à la vie chère et aux services publics.

Les annonces gouvernementales, remplacement de Parcoursup en 2028, création de 15 000 places supplémentaires dans le supérieur et plafonnement progressif des classes de seconde à 28 élèves, n’ont pas éteint la contestation.

Après les violences du 17 octobre, les autorités ont renforcé la sécurité et restreint certains parcours, suscitant des recours syndicaux. Quelque 70 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés jeudi.​​​​​​​

Anadolu Ajansı / Serap Doğansoy — Anadolu Ajansı

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