- « Je suis noir, je suis français, je suis père de famille. Cela aurait pu être mon frère, cela aurait pu être ma fille. Alors, cela doit cesser », a déclaré l’ancien international français sur CBS, en hommage aux victimes
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
L’ancien international français Thierry Henry a dénoncé mardi soir, sur la chaîne américaine CBS, l’attentat raciste commis le 23 octobre à Trappes et à La Verrière, près de Paris, et rendu hommage aux victimes, rapporte RMC Sport.
Consultant lors de la soirée de Ligue des champions, il a notamment évoqué Pengo Bossio Wangi, un combattant de MMA de 26 ans tué dans l’attaque.
« Je souhaite simplement, d’une certaine manière, rendre hommage et témoigner mon respect aux familles des victimes, et évidemment à la famille de Pengo, qui a perdu la vie simplement parce qu’il était noir », a-t-il déclaré.
L’ancien attaquant de l’équipe de France a contesté l’idée selon laquelle le suspect aurait « perdu la raison », rappelant ses déclarations sur le choix des personnes visées.
« À un moment donné, ça suffit », a-t-il lancé, avant de dénoncer la nécessité, pour certains Français, de devoir sans cesse justifier leur appartenance nationale.
« Est-ce que nous, ou est-ce que moi, devons toujours prouver que nous sommes français ? Nous sommes français et cela ne changera jamais, quoi qu’il arrive », a-t-il affirmé.
« Je suis noir, je suis français, je suis père de famille. Cela aurait pu être mon frère, cela aurait pu être ma fille. Alors, cela doit cesser », a poursuivi Henry, qui a exprimé son « plus profond respect » aux familles des victimes.
Lundi, lors d’une conférence de presse, le père de Pengo, Boléma Bossio Wangi, avait affirmé que sa famille souhaitait « simplement la justice et la paix ».
Dans une déclaration lue par sa fille, Ambre, il avait également exprimé ses craintes pour ses enfants : « Aujourd’hui, dans une France en proie à de fortes tensions identitaires, j’ai peur en tant que père d’enfants noirs ».
Prenant ensuite lui-même la parole, il avait ajouté : « C’était quelqu’un de bien. On nous a enlevé un ange ».
Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’enquête sur l’attaque, initialement ouverte pour assassinat en raison de l’origine réelle ou supposée des victimes.
Le suspect, Kévin T., a reconnu avoir « spécifiquement ciblé » des personnes « de type musulman », « africain » ou « nord-africain ».
Anadolu Ajansı / Ben Amed Azize Zougmore — Anadolu Ajansı
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