– Des centaines d'étudiants ont défilé dans le Quartier latin, sous forte surveillance policière, pour dénoncer la politique du gouvernement.
AA / Paris / Ümit Dönmez
Des centaines d'étudiants et de lycéens ont manifesté, mardi 3 novembre, dans le Quartier latin, au cœur de Paris, pour dénoncer la politique économique et sociale du gouvernement français, malgré l'interdiction préfectorale du parcours initialement prévu entre le Panthéon et le siège du Medef, principale organisation patronale française.
Le tribunal administratif de Paris a rejeté le recours introduit par les organisateurs contre l'arrêté préfectoral, confirmant ainsi l'interdiction du cortège dans le centre de la capitale. La préfecture de police avait proposé un itinéraire alternatif entre la porte de Charenton et la porte de Montreuil, que les organisations étudiantes avaient refusé.
Les manifestants, mobilisés à l'appel de la coordination étudiante Interfac Île-de-France, se sont néanmoins rassemblés dans le 5ᵉ arrondissement, notamment dans le secteur de la rue des Écoles et de la Sorbonne.
Les participants ont défilé en brandissant des banderoles et des pancartes dénonçant les politiques gouvernementales, la précarité étudiante et les restrictions au droit de manifester.
Plusieurs organisations politiques et syndicales, dont le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et des collectifs étudiants, étaient représentées dans le rassemblement.
Les manifestants réclament notamment davantage de moyens pour l'enseignement supérieur, une amélioration des conditions d'études et une revalorisation du pouvoir d'achat.
– Un important dispositif policier dans le Quartier latin
Les forces de l'ordre ont déployé un dispositif de sécurité conséquent dans les rues entourant le rassemblement, avec la présence de plusieurs unités de maintien de l'ordre, de véhicules de police et de motocyclistes.
Des cordons policiers ont été positionnés à plusieurs endroits afin d'encadrer les déplacements des manifestants et d'empêcher le cortège d'emprunter le parcours interdit.
La préfecture de police a indiqué avoir repéré et immédiatement encadré deux cortèges non autorisés.
Les manifestants ont été immobilisés pendant environ une heure avant de reprendre leur progression en direction de la Sorbonne.
Le rassemblement s'est finalement dispersé dans le calme aux alentours de 16 heures, sans affrontements majeurs signalés lors de sa dissolution.
Les organisateurs dénoncent, pour leur part, les restrictions répétées imposées aux manifestations étudiantes, qu'ils considèrent comme une atteinte au droit de manifester.
– Une mobilisation étudiante avant la grève nationale du 5 novembre
Cette journée de protestation intervient dans un contexte de mobilisation croissante des lycéens et des étudiants à travers la France, marqué par des blocages d'établissements scolaires et universitaires.
Le ministère de l'Enseignement supérieur a indiqué que 51 établissements sur 184 avaient été perturbés mardi, tandis que les organisations syndicales étudiantes et lycéennes faisaient état de plus de 50 campus et de 500 lycées bloqués.
Les autorités anticipaient également une participation de 10 000 à 20 000 personnes à la manifestation parisienne, une estimation préalable qui ne correspond toutefois pas au nombre de participants effectivement observés dans le Quartier latin.
La coordination Interfac Île-de-France entend poursuivre la mobilisation contre les orientations budgétaires du gouvernement et les mesures jugées défavorables aux étudiants et aux jeunes travailleurs.
La journée du 3 novembre constitue ainsi une nouvelle étape du mouvement social qui s'est intensifié ces dernières semaines, notamment après les importantes manifestations du samedi 31 octobre à Paris.
Les organisations étudiantes et lycéennes appellent désormais à rejoindre la journée nationale de grève interprofessionnelle prévue jeudi 5 novembre, à l'initiative de plusieurs organisations syndicales, dont la CGT.
Anadolu Ajansı / Ümit Dönmez — Anadolu Ajansı
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