-Le régulateur invoque la répétition de déclarations susceptibles d’appeler à la discrimination et promet d’examiner rapidement les séquences contestées après les manifestations
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
L’Arcom a signalé à la justice des propos tenus par Éric Zemmour sur plusieurs chaînes de télévision après les manifestations du 17 octobre, a annoncé mardi son président Martin Ajdari sur France Inter.
« Cela a été fait par les services de l’Arcom la semaine dernière, au sujet de propos tenus sur différentes antennes », a-t-il déclaré, précisant que ces signalements concernaient le président du parti Reconquête.
Interrogé sur des déclarations diffusées sur LCI, BFMTV et CNews visant notamment des personnes d’origine maghrébine, africaine ou de culture arabo-musulmane, Martin Ajdari a expliqué que leur répétition et leur proximité dans le temps avaient justifié leur transmission aux procureurs de la République.
« Ce n’est pas inédit, mais c’est relativement rare », a-t-il souligné.
-Des séquences examinées rapidement
Le président du régulateur a également annoncé un examen rapide de plusieurs séquences contestées dans la couverture des manifestations et des violences qui les ont accompagnées.
« Nous sommes saisis de la plupart de ces séquences et nous allons les instruire, et les instruire vite », a-t-il assuré, invoquant un contexte « extrêmement polarisé » et la proximité d’une « échéance électorale majeure ».
Il a averti contre la diffusion sans vérification d’informations fausses susceptibles « d’aggraver les troubles à l’ordre public, de renforcer la peur, de renforcer la haine ».
Concernant des images de manifestants albanais présentées comme ayant été tournées en France, il a évoqué « un manquement à la rigueur de l’information », distinguant ces erreurs des choix éditoriaux relevant des rédactions.
-La responsabilité des chaînes et des intervenants
Martin Ajdari a rappelé que les chaînes devaient « contredire, nuancer, contextualiser » les propos susceptibles de dépasser le cadre légal. Leurs invités peuvent, parallèlement, engager leur responsabilité pénale individuelle devant la justice.
L’Arcom n’a toutefois pas compétence pour interdire préalablement une personnalité à l’antenne, a-t-il précisé.
Interrogé sur les accusations établissant un lien entre les discours médiatiques et l’attentat raciste de Trappes, il a refusé de se prononcer sur une responsabilité générale des médias, expliquant que le régulateur intervient sur des propos précis et le respect des obligations légales des diffuseurs.
Concernant CNews, Martin Ajdari a indiqué qu’une vingtaine de sanctions et mises en demeure avaient été prononcées depuis 2019, dont 30 % au cours de la seule année 2026. Il a également apporté son soutien aux journalistes confrontés aux tentatives « d’instrumentalisation, d’intimidation, de pression ».
Anadolu Ajansı / Serap Doğansoy — Anadolu Ajansı
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