– Des étudiants et militants ont dénoncé la répression des mouvements sociaux, malgré l'interdiction d'une manifestation prévue vers la prison de la Santé.
AA / Paris / Ümit Dönmez
Des étudiants et des militants se sont rassemblés, jeudi 29 octobre, sur l'esplanade des Grands Moulins, dans le 13ᵉ arrondissement de Paris, pour dénoncer la répression policière et judiciaire des mouvements sociaux.
La mobilisation, sous la surveillance d'un important dispositif des forces de l'ordre, était organisée à l'appel de la Coordination régionale étudiante d'Île-de-France. Elle s'est déroulée dans un contexte de tensions entre les autorités et les organisations étudiantes, après l'interdiction d'un cortège initialement prévu à 15 heures en direction de la prison de la Santé, une décision confirmée par le tribunal administratif de Paris.
Les participants se sont réunis sur le campus des Grands Moulins de l'Université Paris Cité, où un « village antirépression » avait été installé de midi à 15 heures, avec des stands associatifs, des ateliers et des prises de parole.
Des étudiants et militants ont assisté aux interventions des organisateurs, certains assis sur les marches et les espaces publics du campus, tandis que d'autres échangeaient autour des stands consacrés aux mobilisations sociales et aux droits des manifestants.
Plusieurs banderoles et pancartes dénonçant la répression étaient également visibles sur les lieux.
Les participants réclamaient notamment l'abandon des poursuites engagées contre des manifestants, la libération des personnes incarcérées dans le cadre des mobilisations et le respect du droit de manifester.
L'événement s'inscrivait dans une journée nationale de mobilisation contre la répression, organisée après plusieurs semaines de contestation sociale marquées par des affrontements entre certains manifestants et les forces de l'ordre.
– Un important dispositif policier autour du rassemblement
Les forces de l'ordre ont déployé un dispositif de sécurité conséquent aux abords du campus universitaire.
Plusieurs dizaines de policiers, dont des membres des unités de maintien de l'ordre, étaient positionnés dans les rues environnantes, tandis que des véhicules de police et des motocyclistes étaient également présents.
Les policiers, dont certains étaient équipés de casques et de boucliers, surveillaient les accès au secteur où se déroulait le rassemblement.
Cette présence policière intervenait alors que la préfecture de police avait interdit la manifestation devant partir de l'esplanade des Grands Moulins en direction de la prison de la Santé.
La décision préfectorale avait été contestée devant la justice administrative, mais le tribunal administratif de Paris a confirmé l'interdiction du cortège, selon des informations rapportées par Révolution Permanente.
Les autorités avaient notamment invoqué des risques de troubles à l'ordre public, invoquant les violences survenues lors de précédentes manifestations dans la capitale.
– Une mobilisation pour défendre le droit de manifester
La Coordination régionale étudiante d'Île-de-France avait appelé à cette journée de mobilisation autour de plusieurs revendications, notamment la défense du droit de manifester, la dénonciation de la répression et la demande d'amnistie pour les personnes poursuivies ou emprisonnées dans le cadre des mouvements sociaux.
Le collectif entendait également dénoncer les mesures prises contre les étudiants mobilisés et les restrictions imposées aux rassemblements contestataires.
Plusieurs organisations militantes et associations de solidarité, dont EuroPalestine, avaient annoncé leur participation au village antirépression.
La mobilisation intervient dans un contexte de fortes tensions sociales en France, après les manifestations du samedi 24 octobre, qui ont rassemblé entre 410 000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur, et 800 000, selon la CGT. Cette journée a marqué l'une des plus importantes mobilisations sociales dans le pays depuis le mouvement contre la réforme des retraites de 2023.
Par ailleurs, les décisions successives d'interdiction ou de modification des parcours de manifestations causent le mécontentement des organisateurs qui dénoncent des restrictions croissantes à l'exercice du droit de manifester.
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