- Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, annonce un dispositif sécuritaire renforcé face aux risques de violences, alors que de nouvelles mobilisations sociales sont prévues samedi dans plusieurs villes françaises

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France : 70 000 policiers et gendarmes mobilisés pour les manifestations du 31 octobre

AA / Istanbul / Wafae El Baghouani

Les autorités françaises prévoient de déployer 70 000 policiers et gendarmes à travers le pays, samedi 31 octobre, à l’occasion d’une nouvelle journée de manifestations sur fond de tensions sociales, a annoncé jeudi le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.

Lors d’une prise de parole consacrée aux préparatifs sécuritaires, le ministre a indiqué que les effectifs engagés seraient comparables à ceux mobilisés lors des rassemblements du 24 octobre.

Cette décision intervient alors que plusieurs organisations syndicales et collectifs appellent à poursuivre la contestation contre la hausse du coût de la vie et la dégradation des services publics.

Les autorités redoutent notamment une multiplication des incidents en fin de journée, les manifestations coïncidant avec les célébrations d’Halloween.

- Des unités spécialisées et des moyens supplémentaires déployés

Le dispositif annoncé comprend la mobilisation des unités d’intervention spécialisées, notamment la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), le RAID et le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN).

Des moyens de surveillance aérienne, dont des drones et des hélicoptères, doivent également être utilisés. Les 26 véhicules blindés Centaure disponibles seront intégrés au dispositif.

Afin de renforcer les effectifs, le ministère de l’Intérieur a procédé à des ajustements dans l’organisation des services, notamment en rappelant certains personnels en congé et en suspendant des périodes de repos.

Laurent Nuñez a également prévenu que les forces de sécurité interviendraient avec fermeté en cas de violences ou de dégradations.

- Des restrictions envisagées dans les centres-villes

Le gouvernement entend appliquer aux rassemblements du 31 octobre des règles similaires à celles mises en œuvre une semaine auparavant.

Selon les déclarations du ministre rapportées par BFMTV, les manifestations pourront être autorisées en dehors des centres-villes, sous réserve des décisions prises localement par les préfets.

Les autorités souhaitent notamment renforcer la protection des commerces et des centres commerciaux, dans un contexte marqué par les dégradations survenues lors de précédentes mobilisations.

Le ministère fait également état d'appels à des rassemblements nocturnes diffusés sur les réseaux sociaux, particulièrement à partir de 20 heures. Laurent Nuñez affirme que certains messages présentent un caractère violent et pourraient favoriser des troubles à l’ordre public.

- Les organisations syndicales contestent les restrictions

Les mesures annoncées suscitent toutefois des critiques parmi les organisations engagées dans le mouvement social, qui dénoncent des limitations du droit de manifester.

À Paris, plusieurs organisations ont contesté la proposition des autorités de modifier l’itinéraire d’une manifestation initialement envisagée entre Bastille et Nation.

La préfecture de police a proposé un parcours reliant la porte de Bagnolet à la porte de Charenton, une solution rejetée par les organisateurs, qui envisagent des recours juridiques.

Des représentants d’organisations étudiantes et lycéennes ont également critiqué les méthodes de maintien de l’ordre employées lors des précédentes mobilisations, demandant notamment une meilleure distinction entre les manifestants pacifiques et les personnes impliquées dans des violences.

Malgré les tensions avec le gouvernement, plusieurs organisations ont confirmé leur intention de poursuivre les rassemblements.

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