- En déplacement à Marseille, le président français a défendu la poursuite des mesures de sécurité et annoncé des réponses aux revendications du mouvement social
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le président français Emmanuel Macron a reconnu lundi, à Marseille, un manque d’anticipation et des effectifs policiers insuffisants face aux violences du 17 octobre, tout en mettant en cause le rôle des réseaux sociaux dans la mobilisation et la banalisation de la violence.
« C’est tout à fait vrai qu’à Marseille, comme ailleurs, il n’y avait pas assez de forces le 17 octobre », a-t-il déclaré aux côtés du maire Benoît Payan. « On n’avait pas du tout anticipé ce qui s’est passé. »
Selon le chef de l’État, les autorités n’avaient prévu ni la mobilisation, dès le matin, d’un grand nombre de militants d’« ultragauche », ni les actes de délinquance qui s’y seraient ajoutés.
« Les forces de police n’étaient pas dûment proportionnées », a-t-il admis.
Interrogé sur les responsabilités dans ces insuffisances, Emmanuel Macron n’a désigné personne. « On regarde devant et on avance », a-t-il répondu, avant d’ajouter : « Vous pouvez avoir un goût pour le passé. Moi, j’ai plutôt un goût pour l’avenir et pour notre pays. »
- Les réseaux sociaux mis en cause
Le président a également dénoncé le rôle des réseaux sociaux dans les violences.
« Les réseaux sociaux abîment nos démocraties, parce qu’ils polarisent », a-t-il déclaré, estimant que certains constituaient « des instruments de mobilisation du pire ».
Selon lui, ils ont notamment servi, le 17 octobre, à faire venir des personnes sur les lieux de pillages et d’attaques. Dénonçant une « déréalisation de la violence » et une « fascination pour la violence », il a appelé à préserver les institutions, à respecter les désaccords et à rechercher des compromis politiques et sociaux.
« On doit casser ce cycle », a-t-il insisté.
- Le dispositif de sécurité maintenu
Emmanuel Macron a en revanche salué l’action des forces de l’ordre lors des manifestations du samedi 24 octobre. Il a affirmé que « l’ordre a été tenu » et que le droit de manifester avait été préservé, notamment grâce à des parcours repensés hors des centres-villes.
Près de 80 commerces ont néanmoins été touchés dans le pays, selon le bilan qu’il a avancé.
Le président a défendu la poursuite des couvre-feux décidés par les préfets en lien avec les maires dans les territoires présentant encore des risques. Il a également annoncé le maintien de parcours de manifestations hors des centres-villes pour protéger les commerces.
« On tient la République et l’ordre public aujourd’hui sans l’état d’urgence », a-t-il souligné, sans exclure d’y recourir si la situation se dégradait.
Il a averti que le samedi suivant restait « à risque » et rappelé qu’une journée de mobilisation nationale était prévue le 5 novembre.
- Une réponse politique et sociale aux revendications
Emmanuel Macron a distingué le mouvement actuel des violences urbaines de l’été 2023, évoquant une mobilisation d’abord « sociale et politique », liée aux revendications lycéennes et à la vie chère.
« Ça se traite par la discussion. Il y a une réponse politique et sociale », a-t-il affirmé, tout en défendant une réponse sécuritaire aux violences qu’il attribue à l’ultragauche et à la délinquance.
Il a annoncé que le Premier ministre recevrait dans l’après-midi les représentants lycéens, dont le Conseil national de la vie lycéenne (CNVL), et promis des décisions « concrètes et massives ». Des échanges doivent également avoir lieu avec les organisations syndicales et patronales.
Le chef de l’État a assuré que le soutien aux commerçants, artisans et collectivités touchés se poursuivrait, notamment à travers un fonds associant l’État, les collectivités territoriales et des acteurs privés.
À ses côtés, Benoît Payan a appelé à une « sortie politique » de la crise. Soulignant que « les manifestants ne sont pas des casseurs », le maire de Marseille a défendu la légitimité des revendications visant à vivre de son travail ou à étudier dignement.
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