- La famille du livreur conteste la qualification d’homicide involontaire. Les avocats des deux parties estiment insuffisantes les deux demi-journées prévues pour le procès

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France : trois policiers doivent être jugés pour la mort de Cédric Chouviat, un report demandé

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Trois policiers doivent comparaître à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Paris pour homicide involontaire dans l’affaire de la mort de Cédric Chouviat, décédé en janvier 2020 après son interpellation. La tenue du procès reste toutefois incertaine, les avocats de la défense et des parties civiles devant en demander le report, selon les médias français.

Les trois fonctionnaires ont été renvoyés en correctionnelle en décembre 2024. Les avocats de la famille contestent cette qualification pénale et souhaitent que les quatre policiers présents lors du contrôle soient jugés.

Le 3 janvier 2020, Cédric Chouviat, livreur de 42 ans, avait été contrôlé alors qu’il circulait en scooter, téléphone à la main, dans le 7e arrondissement de Paris. Après une montée des tensions, il avait été interpellé pour outrage et plaqué au sol sur le ventre, son casque toujours sur la tête.

Dans les enregistrements de l’intervention, il répète « j’étouffe » à neuf reprises en treize secondes, indique TF1. Victime d’un malaise, il avait été transporté à l’hôpital européen Georges-Pompidou, où il est décédé deux jours plus tard.

Les policiers mis en cause affirment ne pas avoir entendu ses appels. L’un d’eux avait pratiqué une clé d’étranglement avant de l’amener au sol, une technique interdite depuis.

– Une qualification pénale contestée

Les avocats de la famille comptent soulever l’incompétence du tribunal correctionnel dès l’ouverture de l’audience, contestant le caractère involontaire des faits.

Lors d’une conférence de presse vendredi, dans les locaux de la Ligue des droits de l’Homme, Me Arié Alimi, l’un des avocats de la famille, cité par TF1, a qualifié le choix des magistrats d’« hérésie juridique ».

La défense soutient, pour sa part, que les fonctionnaires ont procédé à une interpellation légitime dans des conditions difficiles et qu’ils n’ont pas perçu la détresse physique du livreur.

Dans une décision rendue publique en avril 2026, la Défenseure des droits avait estimé que les policiers avaient adopté un « comportement non adapté, négligent et imprudent » et fait un « usage disproportionné de la force ».

Les avocats des deux parties jugent par ailleurs insuffisante la durée prévue du procès, fixé sur deux demi-journées. Me Laurent-Franck Liénard, avocat de l’un des policiers, entend demander son report pour permettre à chacun de s’exprimer sereinement.

La famille a également exprimé sa douleur avant l’audience. Le père du livreur, Christian Chouviat, a fait part d’une colère qui « ne s’arrêtera jamais », tandis que sa fille Sofia a dit espérer faire de cette affaire un « symbole de réconciliation ».

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