-L’acquis de croissance à la fin du troisième trimestre, c’est-à-dire le niveau de croissance annuelle qui serait atteint si le PIB restait stable au quatrième trimestre, s’établit à 0,2 %, selon l’Insee
AA/Istanbul/Sanaa Amir
Le produit intérieur brut (PIB) de la France a reculé de 0,1 % au troisième trimestre 2026, après avoir stagné au deuxième trimestre et diminué de 0,2 % au premier, selon une première estimation publiée vendredi par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Face à ces résultats, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a appelé à « redonner confiance » et estimé que l’adoption d’un budget était essentielle pour relancer la croissance.
« En 2026, l’économie française est à l’arrêt sous la conjonction inédite de chocs externes et internes », a déclaré le ministre dans un entretien selon Franceinfo. « Cela fait trois trimestres que la croissance n’est pas au rendez-vous », a-t-il ajouté.
Selon Roland Lescure, les difficultés enregistrées au troisième trimestre sont notamment liées à la baisse de la production agricole provoquée par la canicule et au recul de la production énergétique. « Il faut que la croissance redémarre », a-t-il insisté, estimant qu’« avoir un budget est essentiel » pour restaurer la confiance.
L’acquis de croissance à la fin du troisième trimestre, c’est-à-dire le niveau de croissance annuelle qui serait atteint si le PIB restait stable au quatrième trimestre, s’établit à 0,2 %, selon l’Insee. Ce chiffre rend plus difficile l’atteinte de l’objectif de croissance de 0,5 % maintenu par le gouvernement pour 2026, ainsi que de la prévision de 0,4 % avancée par l’Insee et la Banque de France.
Le recul de l’activité s’explique principalement par la contribution négative du commerce extérieur, qui a pesé à hauteur de 0,6 point sur l’évolution du PIB.
Les exportations ont diminué de 1,7 % au troisième trimestre, après une progression de 2,8 % au trimestre précédent, tandis que les importations sont restées quasiment stables, avec une légère hausse de 0,1 %, précise l’institut statistique.
La baisse des exportations a particulièrement touché les matériels de transport, dont les ventes à l’étranger ont chuté de 9,1 %, après une hausse de 20,8 % au deuxième trimestre. Le secteur aéronautique a notamment contribué à cette contraction.
- La consommation des ménages progresse, l’investissement recule
La demande intérieure a toutefois contribué positivement à l’évolution du PIB, à hauteur de 0,1 point. La consommation des ménages a progressé de 0,4 % au troisième trimestre, après une hausse de 0,2 % au trimestre précédent.
Cette progression a notamment été soutenue par les achats de véhicules électriques, le rebond des dépenses énergétiques et la hausse de la consommation de services, en particulier dans l’hébergement-restauration et les loisirs. La consommation des administrations publiques a également augmenté de 0,3 %.
À l’inverse, l’investissement a poursuivi son recul, diminuant de 0,6 % sur la période. L’investissement dans la construction a baissé de 0,5 %, tandis que celui consacré aux produits manufacturés a chuté de 1,9 %, notamment en raison du repli des dépenses dans les matériels de transport.
Du côté de la production, l’industrie manufacturière a enregistré une contraction de 1,4 %, avec des baisses dans les matériels de transport (-3,5 %) et l’agroalimentaire (-1,5 %). La production dans le secteur de la construction a également reculé de 0,4 %.
En revanche, les services marchands ont continué de progresser, enregistrant une hausse de 0,3 %, portée notamment par les secteurs de l’information-communication, les services aux ménages et les transports, selon les données de l’Insee.
La publication de ces chiffres intervient alors que les manifestations contre la vie chère se multiplient en France depuis la mi-octobre, dans un contexte de préoccupations liées au pouvoir d’achat et de débats autour du budget de l’État.
Anadolu Ajansı / Sanaa Ou Amir Ahamada — Anadolu Ajansı
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