- Le groupe indique agir « sans attendre la livraison physique des stocks stratégiques de diesel », afin de faire bénéficier ses clients de l’accès à ces stocks « au coût historique »
AA / Istanbul / Mariem Njeh
TotalEnergies a annoncé, vendredi, qu’il baissera le prix du diesel à 2,15 euros le litre dès samedi 31 octobre dans les 705 stations « Access » de son réseau, qui représentent 60 % de ses ventes de carburants.
Le groupe indique agir « sans attendre la livraison physique des stocks stratégiques de diesel », afin de faire bénéficier ses clients de l’accès à ces stocks « au coût historique ».
TotalEnergies précise qu’il répercutera « le bénéfice de ce diesel avantagé » dans les autres stations de son réseau hors autoroutes à compter du lundi 2 novembre, « en fonction de l’évolution des marchés internationaux du diesel ». Il maintient « en tout état de cause » le plafond de 2,25 euros le litre sur le diesel dans l’ensemble de son réseau en France.
Du lundi 2 novembre 2026 au dimanche 31 janvier 2027, soit pendant les trois mois d’accès aux stocks stratégiques au coût historique, le groupe appliquera deux remises. La première est de 200 euros par mètre cube pour ses clients se chauffant au fioul domestique, visible sur la facture à l’issue de la livraison. La seconde est de 20 centimes d’euro par litre sur le gazole non routier, par rapport au prix du marché international du diesel, pour les agriculteurs et les entreprises de travaux publics, ainsi que sur le gazole pêche pour les pêcheurs. Son montant sera visible sur la facture à l’issue de la transaction.
- Des résultats record et une polémique sur les « superprofits »
Cette annonce intervient après la publication, jeudi, des résultats du troisième trimestre. TotalEnergies a fait état d’un bénéfice net record de 8,3 milliards de dollars, plus que doublé sur un an, porté par l’envolée des cours des hydrocarbures liée aux conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.
« Dans un environnement de prix élevés, marqué par des marges de raffinage à des niveaux historiques et un marché du gaz haussier, TotalEnergies tire une nouvelle fois pleinement parti de son modèle intégré et de sa diversification géographique », a déclaré son PDG, Patrick Pouyanné.
Ces résultats interviennent dans un contexte de vive polémique en France autour des « superprofits » des majors pétrolières. Le groupe est accusé d’être un « profiteur de guerre » par la CGT, des ONG et une partie de la gauche, qui réclament une taxation exceptionnelle.
TotalEnergies a plafonné depuis juillet le prix de l’essence à 1,99 euro le litre et celui du gazole à 2,25 euros dans ses stations françaises, une mesure dont le coût est estimé à environ 500 millions d’euros. Pouyanné a prévenu à plusieurs reprises qu’une surtaxation entraînerait l’arrêt de ce plafonnement.
Sur le réseau social américain X, la députée LFI Aurélie Trouvé a dénoncé « 10 milliards d’euros de profits supplémentaires en un an » pour le groupe et estimé que le gouvernement « se soumet totalement à Total ». Elle a appelé à manifester samedi 31 octobre « partout en France » pour exiger le blocage des prix. Au micro de L’Insoumission, elle a également affirmé que les Français paient leur essence chez Total « environ 30 centimes plus cher par litre » et dénoncé l’annonce de 2,5 milliards d’euros de rachats d’actions.
Le sénateur communiste Ian Brossat a pour sa part écrit sur X que « bloquer les prix, pour Total, c’est seulement 6 jours de bénéfices ».
Anadolu Ajansı / Mariem Njeh — Anadolu Ajansı
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