- Cette reprise ne signifie toutefois pas que les étudiants doivent renoncer à leurs revendications, a-t-il précisé, tout en réclamant « l’arrêt des blocages et des violences »
AA/Istanbul/Sanaa Amir
Le ministre français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, a jugé jeudi, sur franceinfo, « essentiel » que les cours à l’université reprennent en présentiel lundi, tout en assurant que le dialogue avec les étudiants restait ouvert, sur fond de tensions liées aux blocages et aux revendications dans l’enseignement supérieur.
Le dialogue avec les étudiants restait ouvert, sur fond de tensions liées aux blocages et aux revendications dans l’enseignement supérieur.
« Il est essentiel que les cours puissent reprendre lundi en présentiel », a déclaré le ministre sur franceinfo, soulignant que le dialogue social engagé devait se poursuivre.
Cette reprise ne signifie toutefois pas que les étudiants doivent renoncer à leurs revendications, a-t-il précisé, tout en réclamant « l’arrêt des blocages et des violences ».
Le président Emmanuel Macron avait également appelé mercredi à une reprise des cours dans les universités et les lycées, dans le « calme », à l’occasion de la rentrée après les vacances de la Toussaint.
Philippe Baptiste s’est notamment inquiété de la situation des étudiants en première année de licence, qu’il considère comme un « public fragile ». Il a évoqué un « risque d’hécatombe » universitaire, rappelant qu’« un sur deux abandonne ses études ».
Depuis la rentrée, ces étudiants n’ont bénéficié que de trois à quatre semaines de cours, a-t-il déploré.
- Un milliard d’euros pour la rénovation des universités
Interrogé sur les réponses apportées par le gouvernement aux revendications du secteur, le ministre a indiqué qu’une enveloppe d’un milliard d’euros était prévue sur trois ans pour la rénovation des universités.
« Ce n’est pas suffisant pour tout rénover », a-t-il reconnu, estimant néanmoins que « ce ne sont pas des miettes ».
Le gouvernement a également annoncé la création de 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur. Philippe Baptiste a toutefois admis que cet effort pourrait devoir être renforcé. « Peut-être faut-il aller plus loin », a-t-il déclaré.
- Parcoursup : une réforme dans un calendrier serré
Le ministre est également revenu sur la promesse du gouvernement de remplacer Parcoursup d’ici deux ans. Selon lui, une réforme en profondeur du système actuel d’admission dans l’enseignement supérieur nécessitera une loi.
« Changer la loi, ça prend du temps », a-t-il souligné, précisant que la première étape consistait à engager autant de transformations que possible afin d’améliorer la transparence de la plateforme sans modifier immédiatement le cadre législatif.
Philippe Baptiste juge « indispensable » de passer à terme par une loi pour remplacer le système actuel. Il estime qu’il n’est « pas complètement impossible » de faire adopter un texte avant la fin du quinquennat, tout en reconnaissant qu’il ne sait pas « si on arrivera complètement au bout ».
« Le travail peut être très largement avancé », a-t-il assuré, malgré un « calendrier tendu ».
Le ministre a toutefois prévenu qu’il ne fallait pas s’attendre à ce que la nouvelle plateforme soit entièrement construite d’ici la fin du quinquennat, en vue d’une mise en place en 2028. « On commence », a-t-il expliqué, ajoutant que le prochain gouvernement devrait également se saisir du dossier.
- Des propositions divergentes sur les places dans le supérieur
Philippe Baptiste a par ailleurs appelé les candidats à la présidentielle à présenter des « positionnements clairs » sur l’avenir de l’enseignement supérieur.
Il a critiqué les propositions qu’il qualifie de « démagogiques », visant notamment La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN).
LFI et l’intersyndicale de la jeunesse réclament notamment la création de 250 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, un chiffre bien supérieur aux 15 000 places annoncées par le gouvernement.
Enfin, le ministre a assuré que les engagements pris seraient financés dans le prochain budget. Il a indiqué que le gouvernement proposerait des amendements pour financer les mesures supplémentaires concernant les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.
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