- Le Mouvement des entreprises de France (Medef) redoute des répercussions sur l’emploi, les rémunérations et le dialogue social, et appelle le gouvernement et le Parlement à revoir les dispositions relatives aux allègements de cotisations
AA / Istanbul / Ayse Bashoruz
Le Mouvement des entreprises de France (Medef), principale organisation représentative des entreprises du secteur privé en France, a alerté mardi sur les effets économiques et sociaux qu’il attribue au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, estimant que les mesures prévues pourraient augmenter de plus de 11 milliards d’euros le coût du travail pour les entreprises.
L’organisation patronale affirme que cette hausse pourrait fragiliser l’emploi, limiter les marges disponibles pour les augmentations salariales et accentuer les tensions sociales au sein des entreprises, dans un communiqué publié le 20 octobre.
Selon les estimations avancées par le Medef, le surcoût représenterait l’équivalent de 1,6 % de la masse salariale du secteur privé, avec des niveaux pouvant atteindre 4 % dans certains secteurs.
L’organisation évalue son impact moyen à 550 euros par salarié et par an et estime qu’environ 200 000 emplois pourraient être détruits à moyen terme.
- Les allègements de cotisations au cœur des préoccupations patronales
Sur les plus de 11 milliards d’euros de surcoût avancés, 9,3 milliards proviendraient, selon le Medef, des mesures portant sur les allègements généraux de cotisations sociales patronales.
Ces dispositifs réduisent le coût des cotisations pour les employeurs, notamment sur les rémunérations les plus faibles.
L’organisation estime que leur réduction affecterait particulièrement les emplois rémunérés à proximité du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), qu’elle considère comme les plus sensibles à une hausse du coût du travail.
Le Medef demande au gouvernement et au Parlement de revenir sur ces mesures, en donnant la priorité à celles qui réduisent les allègements généraux de cotisations. Il affirme que les économies nécessaires au redressement des finances publiques devraient plutôt reposer sur des réductions de dépenses durables et des réformes structurelles.
- Des risques avancés pour l’emploi et les salaires
L’organisation patronale affirme que l’économie française traverse une période de ralentissement, marquée selon elle par l’aggravation du chômage et les difficultés rencontrées par les entreprises, dans son communiqué.
Elle estime que la hausse des prélèvements sur le travail pourrait conduire certaines entreprises à limiter leurs recrutements ou à revoir leurs projets d’embauche.
La destruction potentielle de 200 000 emplois à moyen terme évoquée par le Medef constitue toutefois une estimation dont les hypothèses de calcul ne sont pas détaillées dans le communiqué fourni.
Le syndicat patronal met également en avant les conséquences possibles sur les négociations annuelles obligatoires (NAO), au cours desquelles les entreprises et les représentants des salariés discutent notamment des rémunérations.
Selon lui, l’augmentation du coût du travail pourrait absorber une partie des marges financières disponibles pour les hausses de salaires.
« Le redressement des comptes publics exige des économies durables et des réformes structurelles », affirme le Medef, qui estime qu’« il ne peut reposer sur un renchérissement du travail » susceptible, selon son analyse, d’aggraver le chômage et de compromettre la reprise économique.
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale s’inscrit dans le cadre de la préparation du budget français pour 2027.
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