- Le syndicat dénonce l’utilisation d’un bus du réseau de transports strasbourgeois pour acheminer des dizaines de jeunes interpellés vers le commissariat central
AA / Istanbul / Ayse Bashoruz
La CGT de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) a dénoncé l’utilisation d’un bus de l’entreprise pour transporter des dizaines de jeunes interpellés par la police, lors d’une opération le 5 novembre.
Dans un communiqué publié par le bureau de la CGT CTS, le syndicat a condamné la réquisition du véhicule, estimant que les moyens d’un service public de transport ne doivent pas être utilisés dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre.
La CGT CTS affirme que cette décision expose directement les conducteurs et les agents de terrain à des risques supplémentaires, alors que les agressions contre les personnels se multiplieraient depuis plusieurs jours.
Le syndicat indique que, moins d’une heure après la réquisition, des dizaines de commentaires et de messages hostiles visant la CTS avaient déjà été publiés. Il fait notamment état d’insultes et d’accusations de collaboration avec les autorités, certains internautes allant jusqu’à comparer cette utilisation des bus aux rafles de la Seconde Guerre mondiale.
La CGT CTS reconnaît que la compagnie n’a peut-être pas eu la possibilité de refuser cette mise à disposition, dans la mesure où celle-ci aurait pu résulter d’une réquisition préfectorale.
Le syndicat estime toutefois que cette éventuelle contrainte administrative ne justifie pas les conséquences de la décision pour les salariés et pour l’image de l’entreprise publique.
Il rappelle que les bus de la CTS sont destinés au transport des habitants et à l'exécution d'une mission de service public, et non à servir de moyens logistiques aux opérations policières.
La CGT CTS redoute que les conducteurs soient directement confrontés aux réactions hostiles d'une partie de la population lors de la reprise de leur activité.
« Les conducteurs ne sont ni policiers, ni auxiliaires de police, ni responsables des opérations de maintien de l'ordre ! », affirme le syndicat dans son communiqué.
Il estime que les salariés risquent de subir les conséquences d'une décision sur laquelle ils n'ont aucune prise, notamment sous la forme d'insultes, de menaces ou d'éventuelles agressions.
Le syndicat souligne également que cet épisode pourrait fragiliser davantage les relations entre les personnels de la CTS et les usagers, notamment les jeunes Strasbourgeois, avec lesquels les salariés tentent de maintenir un dialogue malgré les difficultés rencontrées au quotidien.
Dans le même communiqué, la CGT CTS condamne les violences policières et dénonce notamment des tirs de gaz lacrymogène contre le camion sono de la CGT 67.
Le syndicat considère que l'utilisation du bus et les incidents visant le matériel syndical soulèvent des questions concernant la place des services publics dans les opérations de maintien de l'ordre.
La CGT CTS appelle la direction de la compagnie et les autorités à prendre leurs responsabilités face aux conséquences de cette réquisition.
Elle exige que l'utilisation des bus à des fins de transport de personnes interpellées ne devienne pas une pratique habituelle et demande que les véhicules de la compagnie restent exclusivement affectés aux besoins de la population.
À ce stade, le communiqué syndical ne fait état d'aucune réponse officielle de la direction de la CTS, de la préfecture du Bas-Rhin ou des autorités policières.
Anadolu Ajansı / Ayşe Başhoruz — Anadolu Ajansı
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