- « Nous avons convenu de préparer chaque pays, d'assurer une coordination transfrontalière et de maintenir ces frontières ouvertes tout en les surveillant de près », déclare le directeur du Centre africain de contrôle des maladies
KIGALI (AA)
Les ministres africains de la Santé sont convenus de maintenir les frontières de leurs pays ouvertes malgré la propagation rapide de l’épidémie d’Ebola dans la région, a annoncé jeudi le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC).
Cette annonce intervient à l’issue d’une réunion virtuelle de haut niveau, organisée par Africa CDC pour évaluer l’évolution de l’épidémie et examiner les moyens de renforcer la coordination transfrontalière.
Plus de 40 ministres africains ont pris part à cette réunion d’urgence, convoquée dans un contexte d’expansion géographique rapide de l’épidémie d’Ebola, provoquée par la souche Bundibugyo du virus.
Quatre pays sont jusqu’à présent touchés par l’épidémie en cours, à savoir la République démocratique du Congo (RDC), l’Ouganda, le Kenya et le Nigeria.
Les participants ont convenu de renforcer la préparation de l’ensemble des pays et d’intensifier leur coopération transfrontalière afin d’empêcher une nouvelle propagation du virus, qui a fait près de 5 000 morts depuis mai, principalement en République démocratique du Congo.
Selon Africa CDC, le nombre de cas confirmés a dépassé 10 170, avec un taux de létalité de 48,5 %.
« Devant plus de 40 ministres africains, j’ai exposé ce que révèlent les données : jusqu’à présent, nous ne parvenons pas à prendre le dessus sur l’épidémie », a déclaré Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC.
« Ensemble, nous avons convenu de préparer chaque pays, de coordonner nos actions au-delà des frontières et de maintenir celles-ci ouvertes, tout en renforçant leur surveillance. Nos partenaires soutiennent le plan d’action de l’Afrique », a-t-il ajouté.
Kaseya a indiqué aux ministres qu’au cours des cinq derniers mois, l’épidémie était passée d’une crise sanitaire nationale à une épreuve majeure pour la sécurité sanitaire de l’ensemble du continent.
Il a souligné que, si la priorité demeure l’arrêt de la propagation d’Ebola en Afrique, l’insécurité, la complexité des situations humanitaires et l’insuffisance des financements constituent toujours des obstacles majeurs à la riposte.
De son côté, le ministre ougandais de la Santé, Chris Baryomunsi, a affirmé que l’expérience de son pays démontrait qu’il était possible d’interrompre la transmission du virus grâce à une intervention précoce et déterminée.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déclaré l’Ouganda exempt d’Ebola en août, après une épidémie signalée en mai, au cours de laquelle 20 cas confirmés avaient été enregistrés.
Africa CDC a, par ailleurs, averti que dix autres pays africains étaient « à risque » d’être touchés par le virus à la suite de l’épidémie en RDC.
Il s’agit du Rwanda, du Kenya, de la Tanzanie, de l’Angola, du Burundi, de la République centrafricaine, de la République du Congo, de l’Éthiopie, du Soudan du Sud et de la Zambie.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani
Santé

