- « On peut rendre illégale la parole de ceux qui considèrent qu'il y a un ennemi de l'intérieur et qui expliquent, en désignant toute une partie de la population, que ce sont des envahisseurs », a-t-il déclaré l'élu lors d'une interview accordée à F

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Attentat raciste à Trappes : le maire appelle à interdire la théorie du « grand remplacement »

AA/Istanbul/Sanaa Amir

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a appelé vendredi à modifier la loi afin de rendre illégale la théorie du « grand remplacement », une semaine après l'attentat raciste survenu dans les Yvelines, qui a fait un mort et sept blessés. Il a également plaidé pour des sanctions plus lourdes contre les personnes qui diffusent des discours racistes, estimant que ces idées peuvent alimenter des passages à l'acte violents.

« On peut rendre illégale la parole de ceux qui considèrent qu'il y a un ennemi de l'intérieur et qui expliquent, en désignant toute une partie de la population, que ce sont des envahisseurs », a-t-il déclaré l'élu lors d'une interview accordée à France Inter, vendredi 30 octobre.

Pour Ali Rabeh, les propos attribués au principal suspect de l'attentat illustrent précisément la logique de cette théorie. « Les mots du terroriste sont clairs, "je ne supporte plus d'être envahi, de ne rien faire contre ça". C'est très exactement la logique de la théorie du grand remplacement », a-t-il affirmé, rapporte Franceinfo.

Le maire de Trappes estime par ailleurs que le Rassemblement national porte une responsabilité idéologique dans le passage à l'acte du suspect. « Ils sont ceux qui ont armé idéologiquement ce terroriste et je crains que ce ne soit que le premier attentat de cette nature et de cette ampleur », a-t-il déclaré.

Ces accusations interviennent alors que plusieurs milliers de personnes sont attendues vendredi en fin d'après-midi à Trappes pour un rassemblement contre le racisme et l'islamophobie, organisé une semaine après l'attaque.

Plusieurs personnalités politiques, dont des candidats à l'élection présidentielle, devraient participer à cette mobilisation. Parmi les personnalités annoncées figurent Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier, ainsi que plusieurs parlementaires et maires.

Ali Rabeh a précisé que les candidats de droite et du bloc central étaient également les bienvenus, malgré une participation attendue principalement de responsables de gauche. « Ils sont tous les bienvenus », a-t-il assuré.

- Un mort et sept blessés dans l'attaque

L'attentat s'est produit à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, près de Paris. Le bilan fait état d'un mort et de sept blessés. La victime décédée, Pengo Bossio Wangi, était un Français noir âgé de 26 ans. Plusieurs autres victimes sont d'origine africaine ou maghrébine.

Parmi les blessés figure une enfant de 11 ans, qui avait été grièvement atteinte. Son pronostic vital n'est toutefois plus engagé, selon les informations rapportées par Franceinfo.

Le principal suspect, Kévin Tessier, âgé de 39 ans, a été placé en détention provisoire jeudi soir, à l'issue de sa mise en examen, rapporte également Franceinfo.

Selon le média français, l'homme avait été interpellé trois jours avant l'attentat pour avoir agressé un homme noir. Il est soupçonné d'avoir tué Pengo Bossio Wangi et blessé sept autres personnes lors des attaques commises à Trappes et à La Verrière.

L'enquête a été ouverte pour « assassinat » et « tentatives d'assassinats » en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante que les faits auraient été commis en raison de l'appartenance réelle ou supposée des victimes à une race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée.

Anadolu Ajansı / Sanaa Ou Amir Ahamada — Anadolu Ajansı

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