Dans un message du président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, lu par la vice-présidente de la Commission, l’ambassadrice Selma Malika Haddadi, l’UA a souligné que la capacité des pays africains à valoriser leurs ressources
AA/İstanbul/Sanaa Amir
L’Union africaine (UA) a appelé à renforcer la souveraineté économique du continent, la coopération régionale et les institutions africaines afin de consolider durablement la paix, à l’occasion du 12e Forum de haut niveau de Tana sur la sécurité en Afrique, qui s’achève ce dimanche à Bahir Dar, en Éthiopie.
Dans un message du président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, lu par la vice-présidente de la Commission, l’ambassadrice Selma Malika Haddadi, l’UA a souligné que la capacité des pays africains à valoriser leurs ressources, à financer leurs priorités et à peser sur les décisions internationales constituait un enjeu central pour la stabilité du continent.
Organisé du 23 au 25 octobre autour du thème « Les voies vers la paix en Afrique : souveraineté économique et transformation géopolitique », le forum réunit des responsables politiques, des représentants d’organisations régionales et internationales, des universitaires et des acteurs de la société civile autour des défis liés à la paix et à la sécurité en Afrique.
Dans son message, Mahmoud Ali Youssouf a estimé que la souveraineté économique et la capacité de l’Afrique à s’adapter à un ordre international en mutation étaient deux piliers complémentaires d’une paix durable.
« La première tâche consiste à transformer la richesse de l’Afrique en ressources productives et en prospérité partagée », a-t-il déclaré, appelant à développer les capacités de transformation des minerais, les infrastructures, les compétences et les chaînes de valeur régionales.
Il a également insisté sur la nécessité d’une gestion transparente des ressources naturelles, avertissant que les communautés qui supportent les conséquences de l’exploitation sans en tirer de bénéfices risquent de nourrir des frustrations, tandis que les revenus échappant au contrôle public peuvent contribuer à l’insécurité.
Le président de la Commission de l’UA a par ailleurs plaidé pour une mobilisation accrue des ressources nationales, la lutte contre les flux financiers illicites et un accès plus équitable aux financements du développement. Il a estimé que les pays africains devaient conserver et réinvestir une part plus importante de la valeur produite sur le continent.
- Renforcer les institutions et l’intégration régionale
Mahmoud Ali Youssouf a également appelé à renforcer la coordination entre l’Union africaine, les communautés économiques régionales et les mécanismes régionaux, notamment dans les domaines de la prévention des conflits, de l’alerte précoce et de la médiation.
« Les menaces dépassent les frontières. Nos réponses doivent relier les capacités nationales, régionales et continentales avec la même détermination », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de garantir des financements prévisibles aux institutions chargées de prévenir les conflits et de maintenir la paix.
Il a également mis en avant les enjeux de la transformation numérique, estimant que l’Afrique devait disposer des compétences, des infrastructures et des capacités réglementaires nécessaires pour maîtriser ses données, protéger ses institutions et soutenir l’innovation, tout en faisant face aux cybermenaces et à la désinformation.
Concernant l’intégration régionale, le responsable africain a appelé à faciliter la circulation des personnes et des marchandises, notamment par la modernisation des postes-frontières, l’amélioration des corridors de transport et la simplification des procédures douanières.
Il a également plaidé pour la ratification et la mise en œuvre du protocole de l’Union africaine sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et le droit d’établissement.
Selon lui, les frontières africaines doivent devenir des espaces de coopération, de sécurité et de prospérité partagée. Il a toutefois mis en garde contre les politiques qui assimilent indistinctement les activités commerciales informelles transfrontalières à des menaces sécuritaires, soulignant leur importance pour les familles et les économies locales.
- Les jeunes et les femmes au cœur des politiques de paix
Le président de la Commission de l’UA a également insisté sur la nécessité d’associer davantage les femmes et les jeunes aux décisions concernant les processus de paix, la gouvernance économique, l’innovation numérique et l’action climatique.
Il a rappelé la nomination récente de Vanessa Nakate au poste d’envoyée spéciale de la Commission pour la jeunesse, présentée comme un signe de la volonté de renforcer la participation des jeunes Africains à l’élaboration des politiques et des programmes de l’Union.
Mahmoud Ali Youssouf a enfin souligné que les discussions du forum devraient déboucher sur des responsabilités concrètes, des engagements suivis d’effets et une amélioration des conditions de vie des populations.
« La souveraineté que nous recherchons doit améliorer la vie de nos populations », a-t-il affirmé, estimant que la paix devait reposer sur la confiance, la participation des citoyens et une prospérité partagée.
- Un cadre de dialogue sur la paix et la sécurité en Afrique
Organisé chaque année par l’Institut d’études sur la paix et la sécurité de l’Université d’Addis-Abeba, le Forum de haut niveau de Tana constitue une plateforme de dialogue informel réunissant des responsables politiques, des experts et des acteurs africains et internationaux.
Créé pour soutenir une approche africaine des questions de paix et de sécurité, le forum vise à favoriser des échanges ouverts sur les défis auxquels le continent est confronté et sur les réponses à y apporter.
L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur les liens entre souveraineté économique, transformation géopolitique et consolidation de la paix, dans un contexte où les questions de gouvernance des ressources, de financement du développement et de coopération régionale occupent une place centrale dans les débats africains.
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