- Le ministère libyen des Affaires étrangères remet une note de protestation officielle à un diplomate américain et exige des clarifications sur les propos visant la Libye et son peuple

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La Libye convoque le chargé d’affaires américain après des propos de Trump jugés « offensants »

TRIPOLI, Libye / İSTANBUL (AA)

Le ministère libyen des Affaires étrangères a convoqué dimanche le chargé d’affaires américain à Tripoli pour lui remettre une note de protestation officielle contre les propos du président Donald Trump, jugés « offensants » à l’égard de la Libye et de son peuple.

Dans un communiqué, le ministère a indiqué avoir convoqué le diplomate à son siège afin de lui faire part de ses objections à ces déclarations.

Il a demandé des éclaircissements sur les propos de Trump ainsi qu’une rectification de leur contenu.

La Libye est « un État souverain » et « rejette toute déclaration qui porte atteinte à la dignité de son peuple, diminue son statut ou entraîne la Libye et ses citoyens dans des différends électoraux et des calculs politiques internes », a souligné le ministère.

Il a rappelé que le respect mutuel, la préservation de la souveraineté nationale et le respect des normes diplomatiques constituent des fondements établis des relations entre les États.

Saddam Haftar, commandant adjoint des forces dans l’est du pays, a également appelé à une réponse officielle claire de la Libye, notamment par la transmission d’une protestation diplomatique à Washington et une demande de réparation de l’offense « à la hauteur de sa gravité ».

« La Libye est un État indépendant et souverain, et sa dignité nationale prime sur toute autre considération. Nous ne pouvons accepter qu’elle fasse l’objet d’insultes ou de dénigrement, quelles que soient les circonstances ou les justifications politiques », a écrit Haftar sur Facebook, plateforme de réseaux sociaux américaine.

Il a estimé que le maintien de la coopération et de l’amitié avec les États-Unis n’était pas incompatible avec le respect mutuel, qu’il a présenté comme le fondement des relations entre les États.

Ces réactions font suite aux déclarations de Trump samedi, lors d’un meeting électoral à Perry, dans l’État américain de Géorgie.

Le président américain a accusé le sénateur démocrate Jon Ossoff de soutenir un projet de loi qui permettrait l’arrivée de migrants en provenance de pays qu’il a qualifiés de « pays infestés par le terrorisme », citant notamment la Libye, le Yémen, Haïti et la Somalie.

En réaction à ces propos, le Premier ministre libyen, Abdul Hamid Dbeibah, a rejeté les déclarations de Trump et réaffirmé l’attachement de son pays à des relations avec les États-Unis fondées sur le respect mutuel.

« La Libye est un État souverain et nous rejetons toute insulte à son encontre ou à l’égard de son peuple, qui a consenti d’immenses sacrifices dans la lutte contre le terrorisme », a déclaré Dbeibah dans un communiqué publié dimanche sur Facebook.

« Nous n’accepterons pas que la dignité de la Libye et de son peuple devienne un instrument de différends électoraux », a-t-il ajouté.

Le Parti républicain de Trump se prépare à affronter les élections législatives américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre.

Les relations entre la Libye et les États-Unis ont récemment été marquées par des efforts visant à renforcer la coopération économique et sécuritaire, parallèlement à l’implication de Washington dans les initiatives destinées à résoudre la crise politique libyenne.

*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir

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