- La Banque centrale européenne a décidé de maintenir ses trois taux directeurs à 2,50 %, 2,65 % et 2,90 %, tout en alertant sur les risques inflationnistes liés au renchérissement de l’énergie et sur les perspectives de croissance de la zone euro

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Zone euro : la BCE maintient ses taux directeurs face à la hausse des prix de l’énergie

AA / Istanbul / Ayse Bashoruz​​​​​​​

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé, jeudi 29 octobre, le maintien de ses trois taux d’intérêt directeurs, à l’issue de la réunion de son Conseil des gouverneurs à Francfort, en Allemagne.

Le taux de la facilité de dépôt reste fixé à 2,50 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,65 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,90 %. La BCE réaffirme son objectif de stabiliser l’inflation à 2 % à moyen terme, tout en soulignant l’incertitude entourant l’évolution des prix et de la croissance.

L’institution estime que l’intensification et la persistance du choc énergétique pourraient alimenter l’inflation, notamment par des effets indirects sur les coûts de production et par des effets de second tour, lorsque la hausse initiale des prix se transmet aux salaires et aux autres prix de l’économie.

Elle relève toutefois que l’inflation sous-jacente est restée globalement stable jusqu’à présent et que les salaires n’ont pas encore enregistré de réaction significative à ce choc.

La BCE indique également que les conditions de financement se sont durcies depuis sa précédente réunion. Ce resserrement devrait, selon elle, peser à la fois sur l’inflation et sur la croissance, en limitant notamment les conditions d’accès au crédit pour les ménages et les entreprises.

Le maintien des taux ne signifie pas pour autant que l’institution considère les risques comme maîtrisés. La hausse des coûts énergétiques représente un facteur susceptible de prolonger les tensions sur les prix, tandis que le renchérissement du financement pourrait ralentir l’investissement et la demande.

Le Conseil des gouverneurs affirme qu’il « ne s’engage pas à l’avance sur une trajectoire de taux particulière » dans son communiqué. Il précise que les prochaines décisions dépendront des données économiques et financières disponibles, de la dynamique de l’inflation sous-jacente et de l’efficacité de la transmission de la politique monétaire à l’économie.

La BCE entend ainsi conserver une approche fondée sur les données, en évaluant les perspectives d’inflation et les risques associés à chaque réunion, plutôt que de fixer à l’avance un calendrier de décisions.

Parallèlement au maintien des taux, les portefeuilles du programme d’achats d’actifs (APP) et du programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP) continuent de diminuer à un rythme qualifié de mesuré et prévisible par la BCE.

Cette contraction s’explique par la décision de l’Eurosystème de ne plus réinvestir les remboursements du principal des titres arrivant à échéance. Elle prolonge le retrait progressif du soutien monétaire exceptionnel mis en place au cours des années précédentes.

La BCE précise néanmoins qu’elle reste prête à ajuster l’ensemble de ses instruments, dans le cadre de son mandat, afin de ramener durablement l’inflation vers son objectif et de préserver la transmission de sa politique monétaire dans les pays de la zone euro.

L’institution rappelle également que son instrument de protection de la transmission (TPI) demeure disponible pour faire face à des mouvements de marché injustifiés et désordonnés qui menaceraient la transmission uniforme de la politique monétaire entre les États membres.

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