-Quatre camions du CICR ont atteint la ville encerclée par les Houthis, après plusieurs semaines d’interruption des livraisons
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé mercredi l’acheminement de quatre camions de fournitures médicales à Taëz, dans le sud-ouest du Yémen, où les restrictions d’accès et les pénuries mettent les hôpitaux sous pression.
La cargaison comprend notamment des kits chirurgicaux destinés à soigner les blessés par armes. Elle intervient alors que les combats et les routes coupées entravent l’approvisionnement de cette ville encerclée depuis début octobre par les Houthis, soutenus par l’Iran.
-Des pénuries qui touchent aussi les maternités
Les difficultés dépassent la prise en charge des blessés de guerre. Selon le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), seules cinq des 27 structures désignées pour les urgences obstétricales et néonatales à Taëz et dans ses environs fonctionnent encore partiellement. Plus de 13 000 femmes enceintes sont privées de soins essentiels.
À l’hôpital maternel et infantile suédois, principal établissement de ce type dans la ville, le nombre de couveuses utilisables est passé de 40 à dix faute de carburant. Les admissions nocturnes sont devenues presque inexistantes, l’insécurité et les bombardements empêchant les femmes de se déplacer, selon l’agence onusienne.
Le 2 novembre, le chef des opérations humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, avait appelé les parties à rouvrir les routes. Il avait signalé une production d’eau réduite de moitié, une hausse d’au moins 50 % des prix alimentaires et des hôpitaux manquant de carburant et de médicaments.
-Rétablir durablement l’accès humanitaire
Les Houthis ont bloqué l’axe reliant Taëz à Aden, siège provisoire du gouvernement internationalement reconnu, soutenu par l’Arabie saoudite. Ils contestent toutefois avoir placé la ville en état de siège.
Le CICR avertit que l’afflux de blessés dans les hôpitaux yéménites réduit les ressources disponibles pour les autres malades, notamment les enfants, les femmes enceintes et les personnes atteintes de maladies chroniques. Il demande un accès humanitaire sûr et durable pour maintenir les services essentiels.
Le conflit, déclenché en 2014, a connu une nouvelle intensification cet été, après plusieurs années d’accalmie.
Anadolu Ajansı / Serap Doğansoy — Anadolu Ajansı
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