- La présidente de la Commission européenne, Ursula von Der Leyen, a notamment indiqué que les prix du gaz avaient augmenté de 140 % depuis fin février et que ceux du diesel avaient doublé
AA / Istanbul / Ayse Bashoruz
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé mardi les États membres et le Parlement européen à renforcer la résilience énergétique de l’Union européenne face à la hausse des prix du gaz et du pétrole, en combinant des mesures de soutien à court terme et des investissements dans les énergies propres et les infrastructures.
Elle a notamment indiqué que les prix du gaz avaient augmenté de 140 % depuis fin février et que ceux du diesel avaient doublé.
S’exprimant devant le Parlement européen mardi 6 octobre, Ursula von der Leyen a estimé que la hausse des coûts de l’énergie affectait à la fois les ménages et les entreprises européennes. « Nous devons agir maintenant pour protéger ceux qui en ont le plus besoin », a-t-elle déclaré, appelant parallèlement à traiter les « problèmes structurels » qui exposent l’Union aux fluctuations des marchés internationaux des énergies fossiles.
Selon la présidente de la Commission, les coûts supplémentaires liés aux énergies fossiles importées atteignent actuellement 100 millions d’euros, sans augmentation correspondante des volumes d’énergie disponibles.
Ursula von der Leyen a rappelé que la situation énergétique variait fortement d’un État membre à l’autre en raison de leurs différents bouquets énergétiques. Elle a cité l’exemple d’un marché où le prix de l’électricité atteindrait environ 145 euros par MWh, contre environ 70 euros par MWh dans un autre État membre.
La présidente de la Commission a ainsi défendu une réponse adaptée aux situations nationales plutôt qu’une mesure uniforme à l’échelle européenne. « Il n’y a pas de solution miracle pour l’ensemble de l’Union européenne », a-t-elle déclaré, en appelant à donner aux États membres « les outils et la flexibilité » nécessaires.
Elle a notamment annoncé la prolongation du cadre temporaire d’aides d’État destiné aux secteurs industriels les plus exposés ainsi que des dispositifs ciblés en faveur des ménages vulnérables.
Sur le volet de l’offre, von der Leyen a indiqué que les membres du G7 avaient convenu la semaine précédente de mettre sur le marché 100 millions de barils supplémentaires afin de contribuer à stabiliser les prix mondiaux.
La Commission européenne prévoit également de lancer un dialogue stratégique consacré aux raffineries européennes. Selon la présidente de l’exécutif européen, cette initiative doit contribuer à réduire les coûts, sécuriser les approvisionnements nécessaires à l’économie européenne et répondre également aux besoins liés à la défense.
Bruxelles prévoit en outre de mettre en place une nouvelle task force consacrée à la demande énergétique. L’objectif annoncé est de passer de la simple mise en relation entre acheteurs et fournisseurs à l’agrégation de la demande et, à terme, à des achats conjoints à l’échelle européenne.
À plus long terme, Ursula von der Leyen a présenté la réduction de la dépendance européenne au pétrole et au gaz. Elle a rappelé qu’il y a quatre ans, 45 % des importations européennes de gaz provenaient de Russie, contre environ 12 % aujourd’hui. Elle a affirmé que l’objectif était de ramener cette part à zéro d’ici la fin de l’année.
La présidente de la Commission a également indiqué que plus de 70 % de l’électricité européenne provenait désormais de sources produites au sein de l’Union, notamment les énergies renouvelables et le nucléaire.
Von der Leyen a souligné que la hausse de la production renouvelable devait s’accompagner d’investissements dans les réseaux électriques. Elle a indiqué que l’Union européenne avait installé plus de 80 gigawatts de capacités renouvelables l’année dernière, tout en précisant que six fois cette capacité était encore en attente de raccordement.
Elle a appelé le Parlement européen à avancer sur le « paquet réseaux » présenté par la Commission et à parvenir à un accord avant la fin de l’année.
La Commission entend également accroître la part de l’électricité dans la consommation énergétique finale européenne. Celle-ci représente actuellement moins d’un quart de la consommation finale, selon von der Leyen. Le plan d’action européen sur l’électrification vise à doubler cette part d’ici 2040.
La présidente de la Commission a estimé qu’une telle évolution pourrait réduire les dépenses européennes consacrées aux importations d’énergies fossiles de 260 milliards d’euros par an.
Von der Leyen a rappelé que la proposition de budget représentait 1,26 % du revenu national brut de l’Union européenne, tout en reconnaissant les contraintes budgétaires auxquelles sont confrontés les États membres.
Monde

