- Organisé du 4 au 6 octobre autour du thème « Des solutions coraniques aux crises mondiales », le symposium a réuni des chercheurs de 60 pays
ISTANBUL (AA)
Le « 13e Symposium international Bediuzzaman », organisé par la Fondation des sciences et de la culture d’Istanbul (IIKV) autour du thème principal « Des solutions coraniques aux crises mondiales », s’est achevé mardi avec la lecture de la déclaration finale.
Lors de la clôture du symposium, organisé dans un hôtel du quartier de Bahcelievler et dont Anadolu était le « partenaire mondial de communication », le maître de conférences à l’Université d’Istinye, dans le programme de langue et littérature turques, Doc. Dr. Mehmet Ali Gundogdu, qui a lu la déclaration finale, a déclaré que le symposium avait offert un cadre important pour examiner les crises auxquelles l’humanité est confrontée.
Gundogdu a indiqué que, parmi les 668 résumés de communications envoyés par 448 institutions de 60 pays répartis sur 5 continents, 262 communications sélectionnées par le comité scientifique avaient été discutées en turc, arabe, anglais et russe, ajoutant que le symposium avait constitué un important cadre scientifique mettant en lumière les principales crises auxquelles l’humanité est confrontée.
Gundogdu a déclaré : « Les solutions aux guerres menées par l’être humain depuis la création du monde jusqu’à aujourd’hui, aux migrations, aux injustices, à la destruction écologique, à la désintégration de l’institution familiale, à la quête de sens de la jeunesse, aux nouveaux problèmes engendrés par le monde numérique ainsi qu’aux bouleversements dans les domaines de la foi et de la morale ont été abordées tout au long du symposium dans la perspective du Coran et de la tradition du Prophète. »
Soulignant que les systèmes établis par l’être humain peuvent changer en fonction des conditions de l’époque et des rapports de force, Gundogdu a déclaré : « Cependant, les principes fondamentaux du Coran, tels que la justice, la miséricorde, la famille, la fraternité et la dignité humaine, continuent de guider l’être humain à différentes époques. »
- « Les préceptes du Coran préservent leur vitalité et leur force au fil des siècles »
Doc. Dr. Gundogdu, évoquant les observations de Bediuzzaman Said Nursi, a déclaré :
« Said Nursi a indiqué la guidance inépuisable de la Sunna qui embrasse tous les siècles en disant : “Le rayon de sa noble Sunna est un élixir. Cette Sunna suffit également à ceux qui recherchent la lumière, il n’est pas nécessaire de chercher la lumière à l’extérieur.” Il présente également aux regards de l’humanité la vitalité des vérités coraniques couvrant toutes les époques à travers son constat : “Les œuvres et les lois des hommes vieillissent comme l’homme, changent et sont modifiées. Mais les préceptes et les lois du Coran sont tellement stables et solides qu’au fil des siècles, ils manifestent davantage leur force.” »
Indiquant qu’un vide spirituel se trouvait à l’origine des crises politiques, économiques et écologiques de l’époque, Gundogdu a déclaré : « La perspective du “mana-yi harfi”, qui lit l’existence non pas pour elle-même mais au nom de son Créateur, constitue le fondement d’une conception de civilisation centrée sur l’unicité de Dieu qui réparera cette rupture spirituelle. »
Gundogdu a souligné que le despotisme constituait un obstacle majeur à la paix sociale et a déclaré que les concepts coraniques de droit, de justice et de mesure, ainsi que la conception de « adalet-i mahza » de Said Nursi, offraient une alternative forte au système mondial qui privilégie la force au droit.
Expliquant que la consultation, la liberté et la primauté du droit sont des principes indispensables à une gouvernance saine, Gundogdu a indiqué que le principe du « mouvement positif », qui privilégie l’entraide plutôt que le conflit, ainsi que la persuasion et le service plutôt que la violence, permettait de construire un terrain de paix et de consensus pour résoudre les crises.
Appelant à l’unité face aux divisions, Gundogdu a déclaré : « Face aux divisions approfondies par le nationalisme négatif et les divisions confessionnelles, la conception de l’union de l’islam fondée sur la fraternité dans la foi et l’éthique du désaccord, qui ne transforme pas les différences en hostilité, doivent être mises en pratique. Dans ce cadre, il est également d’une grande importance de se réunir autour de valeurs humaines communes avec les gens du Livre et les membres de différentes croyances. »
Gundogdu a souligné que considérer la nature comme un objet de consommation illimitée était la principale cause de la destruction écologique et que la crise environnementale constituait essentiellement une crise morale, ajoutant que l’abandon du gaspillage, le zéro déchet et l’économie alimentaire constituaient une responsabilité coranique.
Indiquant que la cupidité et la volonté d’accumulation approfondissaient l’instabilité économique, Gundogdu a déclaré que les principes d’économie, de contentement et de gratitude constituaient une boussole permettant de lutter contre la pauvreté, l’accaparement et la corruption.
- « Il ne faut pas rester silencieux face à cette oppression »
Gundogdu a réagi aux massacres de civils commis par Israël à Gaza et a déclaré :
« Les attaques d’Israël à Gaza contre les civils, les hôpitaux, les écoles et les lieux de culte, ainsi que l’empêchement de l’aide humanitaire, constituent un génocide manifeste. Il ne faut pas rester silencieux face à cette oppression. Une voix plus forte et plus déterminée doit s’élever du monde islamique sur cette question. Les attaques doivent cesser immédiatement, un cessez-le-feu permanent doit être instauré, l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire doit être garanti, les responsables doivent rendre des comptes devant le droit international et le droit du peuple palestinien à vivre librement et indépendamment sur ses propres terres doit être garanti. »
Soulignant que l’ordre mondial actuel, dans lequel la force est placée au-dessus du droit et où les doubles standards sont légitimés, n’était pas viable, Gundogdu a déclaré : « Les États et les organisations internationales ont l’obligation de protéger, en tant que valeur universelle, l’inviolabilité de la vie, de la raison, de la descendance, des biens et de la croyance de chaque être humain, sans distinction de race, de religion ou de langue. Cela ne peut se faire qu’avec une conception de la civilisation qui, selon l’expression de Bediüzzaman, place le droit au lieu de la force, la vertu au lieu de l’intérêt, l’entraide au lieu du conflit, la fraternité au lieu des revendications de supériorité raciale et ethnique, et la guidance, la mesure et la chasteté au lieu des désirs illimités. »
Gundogdu a attiré l’attention sur l’affaiblissement de l’institution familiale à l’échelle mondiale et a déclaré que des réglementations juridiques fondées sur la nature humaine, des formations et des services de conseil destinés à protéger la famille constituaient une nécessité qui ne pouvait être reportée pour l’avenir de la société.
Indiquant qu’une conception de l’éducation donnant la priorité uniquement à la transmission des connaissances entraînait une perte de valeurs, Gundogdu a déclaré : « La conception de l’éducation qui considère ensemble l’intelligence et le cœur, les sciences et les sciences religieuses, et que Bediuzzaman a symbolisée sous le nom de “Medresetu’z-Zehra”, peut donner une nouvelle orientation aux systèmes actuels. Soutenir la jeunesse confrontée à une crise d’identité et d’appartenance par les principes de foi, de chasteté et de droiture du “Guide de la jeunesse” constitue une tâche prioritaire. La situation des migrants chassés de leurs terres doit également être abordée par des politiques fondées sur la justice et la miséricorde, dans le cadre de la fraternité entre les Ansar et les Muhajirun. »
Gundogdu a souligné que la technologie devait être régie par des valeurs morales et a déclaré que les principes de réflexion et de modération de la Risale-i Nur offraient une guidance protectrice contre la dépendance numérique et l’économie de l’attention.
Attirant l’attention sur la contribution des concepts de foi, de patience, de confiance en Dieu et de gratitude à la résilience psychologique face à l’augmentation des problèmes d’anxiété, de dépression et de traumatisme à l’échelle mondiale, Gundogdu a déclaré qu’il fallait développer des modèles holistiques combinant la psychothérapie moderne et les valeurs spirituelles.
Gundogdu a déclaré que l’harmonie profonde entre la science et la foi apparaîtrait en considérant les découvertes des sciences comme des preuves montrant l’ordre et l’art présents dans l’univers.
Doc. Dr. Gundogdu a déclaré : « Nous remercions, pour leur soutien à la réalisation du symposium, notamment notre président de la République Recep Tayyip Erdogan, notre ministère de la Culture et du Tourisme, notre ministère des Affaires étrangères, notre ministère des Transports et des Infrastructures, la TİKA, la YTB, Turkish Airlines, nos sponsors de communication TRT et l’Agence Anadolu, les universités partenaires et tous nos bénévoles. »
La 13e édition de la série de symposiums organisée par la Fondation des sciences et de la culture d’Istanbul depuis 1991 s’est tenue à Istanbul du 4 au 6 octobre sous le titre « Des solutions coraniques aux crises mondiales ».
Les sessions d’ouverture et les forums se sont tenus au Centre culturel Atatürk, tandis que les sessions scientifiques ont été organisées dans un hôtel de Bahcelievler. Des chercheurs venus des quatre coins du monde ont également participé au programme en ligne.
*Traduit du turc par Ayse Bashoruz
Turquie

