- Le sommet se tiendra jeudi et vendredi dans la capitale turque, Ankara, sous l’égide du président Recep Tayyip Erdogan, autour du thème « Siècle turcique : unité dans la langue, la pensée et l’action »

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Türkiye accueille le 13ᵉ sommet de l’OET pour renforcer « l’unité dans la langue, la pensée et l’action »

ISTANBUL (AA)

La Türkiye s’apprête à accueillir le 13e sommet de l’Organisation des États turciques (OET), destiné à renforcer « l’unité dans la langue, la pensée et l’action » entre ses États membres.

Le sommet se tiendra jeudi et vendredi dans la capitale turque, Ankara, sous l’égide du président Recep Tayyip Erdogan, autour du thème « Siècle turcique : unité dans la langue, la pensée et l’action ».

Fondée en 2009, l’OET, anciennement connue sous le nom de Conseil turcique, a adopté son appellation actuelle lors de son huitième sommet, organisé à Istanbul en 2021.

La Türkiye, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le Kirghizistan sont membres de l’organisation. Le Turkménistan, la Hongrie, la République turque de Chypre du Nord et l’Organisation de coopération économique disposent du statut d’observateur.

Dans un communiqué publié le 24 octobre, l’organisation a indiqué que le sommet réunirait les chefs d’État des pays membres, ainsi que des représentants de haut niveau des États observateurs et son secrétaire général, afin notamment de « discuter de l’état actuel et des perspectives futures de la coopération au sein de l’Organisation ».

Selon le communiqué, les chefs d’État devraient examiner les progrès réalisés dans les domaines prioritaires de l’OET. L’accent sera notamment mis sur « le renforcement de l’unité et de la solidarité » entre les États turciques et sur le développement de la coopération dans le cadre de la Vision du monde turcique 2040.

Le sommet marquera également la prise de la présidence tournante de l’OET par la Türkiye, qui succédera à l’Azerbaïdjan. Les dirigeants devraient par ailleurs aborder la nomination d’un nouveau secrétaire général ainsi que les priorités stratégiques de l’organisation « pour la période à venir ».

« Les chefs d’État devraient adopter la Déclaration d’Ankara, ainsi qu’un certain nombre de décisions et de documents visant à approfondir la coopération et à renforcer davantage le cadre institutionnel de l’OET », précise le communiqué.

Le sommet des chefs d’État se tiendra vendredi, tandis qu’une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’organisation est prévue jeudi.

- « L’unité dans l’action »

Turan Gafarli, chercheur associé non résident au centre de recherche Topchubashov, basé à Bakou, estime que le soutien mutuel entre les États turciques et le renforcement de leur solidarité politique constituent les principaux enjeux du sommet d’Ankara.

Alors que le monde traverse une période marquée par une « incertitude croissante », le monde turcique évolue vers une structure politique qui « développe sa capacité à agir de concert face aux évolutions internationales », a déclaré Gafarli à Anadolu.

« Naturellement, il s’agit d’un processus à long terme. Pourtant, le véritable sens de la fraternité ne consiste pas seulement à se rassembler dans les moments heureux, mais aussi à se soutenir mutuellement dans les moments difficiles », a-t-il affirmé, estimant que le sommet organisé en Türkiye consoliderait davantage « le climat de confiance construit jusqu’à présent ».

Gafarli a souligné l’importance particulière du terme « unité » dans le thème du sommet, estimant que cette rencontre pourrait donner un nouvel élan aux relations économiques, aux corridors de transport et à la coordination politique.

Selon lui, l’importance stratégique croissante du Corridor médian représente une « opportunité historique » pour renforcer l’interconnexion économique des États turciques. Il a toutefois souligné que cela nécessitait plusieurs mesures, notamment le développement des échanges commerciaux entre les pays membres.

« En outre, il est essentiel que les États turciques se concertent davantage sur les questions internationales et défendent plus fermement leurs intérêts communs », a-t-il ajouté, estimant que la présidence turque pourrait insuffler une nouvelle dynamique à cette coopération.

De son côté, Shairbek Dzhuraev, président de l’institut de recherche Crossroads Central Asia, basé à Bichkek, estime que les progrès les plus tangibles ont été enregistrés dans le domaine économique, notamment en matière de transport et de transit.

« Le développement de la Route internationale de transport transcaspienne dépend de l’harmonisation des tarifs et de la simplification des procédures douanières. Dans ce contexte, les résultats peuvent être mesurés à travers le temps et le coût nécessaires au transport des marchandises », a-t-il expliqué.

Dzhuraev a également mis en avant la numérisation, qu’il considère comme un deuxième domaine prometteur. Celle-ci avait notamment été au centre du sommet informel de l’organisation organisé en mai à Turkistan, dans le sud du Kazakhstan.

« Le résultat le plus important du sommet d’Ankara serait la mise en place de calendriers précis et de mécanismes concrets pour appliquer les décisions déjà prises, en particulier celles concernant le transport et le commerce », a-t-il déclaré.

Dans le cadre du sommet de l’OET à Ankara, le sport constitue également un domaine dans lequel l’unité devrait se traduire « dans les actes ».

Lors d’une conférence de presse organisée à Ankara avant le sommet, Kursad Zorlu, vice-président du Parti de la justice et du développement (AK Parti), chargé des relations avec les États turciques, a annoncé une initiative visant à ce que les joueurs originaires des États turciques soient considérés comme des joueurs locaux, et non étrangers, dans les championnats des autres pays membres.

Selon lui, cette mesure contribuerait à favoriser l’émergence d’un écosystème footballistique à l’échelle du monde turcique.

*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir

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