- Plus de 1900 morts parmi les enfants depuis le début de l’épidémie
AA / KINSHASA / Pascal Mulegwa
L’épidémie d’Ebola qui ravage l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a franchi le seuil tragique des 4 000 morts pour plus de 8 300 cas confirmés, devenant la plus grave flambée de l’histoire du pays, tandis que l’UNICEF tirait la sonnette d’alarme mardi sur la situation critique de plus de 1 900 enfants orphelins ou séparés de leurs familles.
Déclarée mi-mai avec plusieurs semaines de retard, cette 17ᵉ épidémie touche des provinces déjà déstabilisées par des conflits armés et abritant environ 4,4 millions de personnes déplacées. Ces derniers jours, de nouveaux affrontements et violences sont venus perturber les opérations de riposte sur le terrain.
Malgré ce bilan particulièrement lourd, le gouvernement congolais s'est voulu rassurant. Lors d’une conférence de presse vendredi à Kinshasa, le ministre de la Santé, Roger Kamba, a affirmé que « le pic est derrière nous », appuyant son optimisme sur la baisse observée des contaminations dans la plupart des foyers épidémiques.
Sur le plan humanitaire, les répercussions sur les enfants sont désastreuses. Au 28 septembre, au moins 1 581 enfants séparés ou orphelins ont été recensés en Ituri, principal foyer de l'épidémie, et 322 autres au Nord-Kivu, selon un rapport publié mardi par l’UNICEF. Des chiffres sous-estimés, précise l'agence onusienne, car ils ne couvrent que les zones d'intervention directe des services sociaux.
Outre le drame moral et économique, l'isolement guette les survivants. « La peur de la contagion et la stigmatisation dissuadent les proches et les voisins d’intervenir », explique Lucia Elmi, Directrice des opérations d’urgence de l’UNICEF, à l'issue d'une mission à Bunia. Dans cette ville, au moins 214 enfants des rues ont été répertoriés sans protection ni suivi médical, extrêmement exposés à la maladie et aux violences.
Les plus jeunes payent un tribu particulièrement lourd face à la maladie. Au 29 septembre, au moins 2 076 enfants avaient été testés positifs et 1 162 en sont décédés. Si les enfants constituent plus d'un cas confirmé sur quatre, ils représentent environ un décès sur trois.
La mortalité s’avère terrifiante chez les tout-petits : sept enfants de moins de cinq ans sur dix infectés succombent au virus, la plupart avant même d'avoir pu recevoir un traitement adapté.
Pour tenter de freiner l'impact sur les mineurs, l'UNICEF soutient 12 crèches adjacentes aux centres de traitement pour prendre en charge les enfants exposés ou isolés. L'agence réclame la généralisation de ces espaces, l'accroissement des soins pédiatriques et le déploiement massif de travailleurs sociaux.
Ces opérations se heurtent toutefois à un manque criant de moyens financeurs : sur les 113,4 millions de dollars nécessaires pour la seule réponse en RDC, seulement 40,1 millions ont été rassemblés à ce jour par les bailleurs de fonds
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