- Le rapport annuel des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité fait état d’une forte augmentation des cas de violences sexuelles liées aux conflits vérifiés par l’ONU, qui ont dépassé 9 700 en 2025

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ONU : Guterres appelle à renforcer le rôle des femmes dans la paix et la sécurité

AA/Istanbul/Sanaa Amir

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé mardi à renforcer la participation des femmes aux négociations de paix, à accroître les financements destinés aux organisations féminines dans les zones de conflit et à lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles.

S’exprimant lors d’un débat public du Conseil de sécurité consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité, il a dénoncé l’écart persistant entre les engagements internationaux et leur mise en œuvre sur le terrain.

« Trop souvent, cela s’est traduit par beaucoup de paroles et pas assez d’actions », a déploré Guterres, évoquant les progrès limités enregistrés depuis l’adoption, il y a 26 ans, de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, qui reconnaît le rôle essentiel des femmes dans la prévention des conflits et la consolidation d’une paix durable.

Selon le chef de l’ONU, les femmes restent largement exclues des négociations, tandis que les organisations féminines engagées dans les zones de conflit manquent de moyens financiers.

Il a également dénoncé les violences sexuelles liées aux conflits, les discriminations et les restrictions imposées aux droits des femmes et des filles dans plusieurs pays.

Le rapport annuel des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité fait état d’une forte augmentation des cas de violences sexuelles liées aux conflits vérifiés par l’ONU, qui ont dépassé 9 700 en 2025. Le nombre réel serait nettement plus élevé, a souligné Guterres.

Il a également alerté sur la multiplication des conflits armés, notamment à Gaza, en Ukraine, dans le Sahel, au Soudan et au Myanmar, ainsi que sur l’augmentation du nombre de femmes et de filles vivant à proximité des zones de combat.

Les conséquences de ces crises se manifestent notamment par la hausse de la mortalité maternelle, les restrictions à l’accès à l’éducation pour les filles et les menaces visant les femmes responsables politiques, les journalistes et les défenseuses des droits humains.

Guterres a par ailleurs dénoncé les restrictions imposées aux employées des Nations unies et des organisations partenaires dans certaines zones de conflit.

- Trois priorités pour accélérer les progrès

Pour remédier à cette situation, le secrétaire général a défini trois priorités : garantir la participation effective des femmes aux processus de paix, renforcer les financements destinés aux organisations qui les soutiennent et appliquer une politique de tolérance zéro face aux violences contre les femmes et les filles.

Selon Guterres, les femmes ne représentaient que 5 % des négociateurs dans 57 processus de paix l’année dernière. Moins d’un cinquième des accords de paix conclus en 2025 faisaient référence aux femmes, aux filles, au genre ou aux violences sexuelles.

Il a appelé à adopter des mesures concrètes, notamment des objectifs contraignants et des quotas, afin de garantir une représentation plus équitable des femmes dans les négociations et de mieux prendre en compte leurs besoins dans les accords de paix.

Le chef de l’ONU a également exhorté les États à respecter leurs engagements en matière d’aide publique au développement et à rétablir les financements destinés aux organisations qui accompagnent les femmes et les filles dans les zones touchées par les conflits. Il a averti que les réductions de l’aide internationale entraînaient la fermeture de centres de santé et d’espaces sécurisés, ainsi que l’interruption de services humanitaires essentiels.

Ces coupes budgétaires interviennent alors que les dépenses militaires mondiales ont atteint près de 2 900 milliards de dollars en 2025, a-t-il relevé.

- La responsabilité des auteurs de violences

Guterres a enfin appelé à ce que les responsables de violences fondées sur le genre, notamment de violences sexuelles liées aux conflits, répondent pleinement de leurs actes. Il a assuré que les Nations unies continueraient de documenter les violations, de soutenir les démarches visant à obtenir justice et de promouvoir des engagements pour mettre fin à ces violences.

Il a également demandé la levée de toutes les restrictions imposées aux travailleuses humanitaires et la garantie de leur sécurité dans l’exercice de leurs missions.

Au-delà de ces mesures, le secrétaire général a appelé les États à intégrer les engagements relatifs aux femmes, à la paix et à la sécurité dans leurs législations et politiques nationales, à renforcer la sécurité économique des femmes et à améliorer la collecte des données sur les inégalités de genre.

« L’égalité n’est pas un rêve. C’est une décision », a-t-il affirmé, appelant la communauté internationale à faire de la participation des femmes une réalité dans les négociations de paix, les processus décisionnels et l’élaboration des politiques publiques.

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