- Emmanuel Moulin estime qu’un budget réduisant les dépenses et le déficit pourrait rassurer les investisseurs, dans un entretien au Financial Times
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a averti que la France risquait d’être progressivement étranglée par la hausse des taux d’intérêt si elle n’agissait pas pour assainir ses finances publiques, dans un entretien au quotidien économique britannique Financial Times.
« Si nous n’agissons pas, il y a effectivement un risque d’être progressivement étranglés par la hausse des taux d’intérêt », a-t-il déclaré, appelant à préserver la capacité du pays à maîtriser son destin.
Malgré les tensions sur la dette française, qu’il juge graves et préoccupantes, Moulin estime qu’une réduction des dépenses et du déficit pourrait restaurer la confiance des investisseurs. Il considère que la situation de la France reste différente de celle de la Grèce pendant la crise de la zone euro.
Selon le quotidien britannique, le gouvernement a proposé la semaine dernière un effort budgétaire de 43 milliards d’euros, combinant économies et hausses d’impôts. Le projet vise à ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut, contre 5,4 % attendus cette année.
L’absence de majorité parlementaire complique toutefois son adoption, notamment face aux mesures concernant les retraites et les rémunérations des fonctionnaires.
Le Financial Times rapporte que le rendement des obligations françaises à dix ans a approché 5 % vendredi, avant de revenir à 4,86 % lundi. L’écart avec les titres allemands de même échéance a brièvement dépassé 1,5 point de pourcentage.
Interrogé sur une éventuelle intervention de la Banque centrale européenne, Moulin a estimé que la priorité était une réponse nationale, reposant sur la capacité des Français et de leurs élus à reconnaître la nécessité de redresser les comptes publics.
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