- Des femmes et des enfants figurent parmi les personnes ayant trouvé refuge au Kenya, alors que les organisations humanitaires s’efforcent de fournir une aide alimentaire, de l’eau potable et des abris d’urgence
GENÈVE (AA)
Jusqu’à 50 000 personnes ont fui l’Éthiopie pour se réfugier au Kenya voisin depuis jeudi, en raison des affrontements qui se poursuivent près de la frontière entre les deux pays, a indiqué mercredi le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), alertant sur l’ampleur des besoins humanitaires.
Dans un communiqué, la représentante du HCR au Kenya, Fatima Mohammed-Cole, a précisé que cette estimation, communiquée par les autorités locales, devait encore être vérifiée, alors que de nouvelles arrivées continuaient d’être enregistrées.
Parmi les personnes ayant fui les violences figurent de nombreuses femmes et des enfants. Certaines ont trouvé refuge auprès de proches ou de communautés d’accueil, tandis que d’autres sont hébergées dans des écoles et des églises, a-t-elle expliqué.
Selon le HCR, la nourriture constitue « le besoin le plus urgent », suivie de l’accès à l’eau potable, aux abris d’urgence, aux installations sanitaires et aux soins de santé.
L’agence onusienne a indiqué avoir déployé une équipe d’intervention d’urgence dans la ville frontalière de Moyale afin de coordonner les opérations d’assistance avec les autorités kényanes et les organisations humanitaires.
Le HCR mobilise également des articles ménagers de première nécessité et du matériel destiné à la mise en place d’abris temporaires pour près de 12 000 personnes, tout en se préparant à renforcer son dispositif d’intervention.
En coordination avec les autorités et ses partenaires, l’agence s’emploie par ailleurs à identifier des sites d’hébergement plus sûrs, situés à l’écart de la frontière.
Le HCR a souligné que les évaluations se poursuivaient afin de déterminer l’ampleur des besoins en matière de protection et d’assistance humanitaire.
Cette crise humanitaire intervient dans un contexte d’affrontements impliquant des forces de sécurité et des civils armés issus des régions éthiopiennes de l’Oromia et du Somali, notamment au sein des communautés Oromo Borana et Somali Garre.
Ces deux communautés vivent dans les environs de Moyale, une zone marquée par des différends récurrents concernant les délimitations administratives et le contrôle territorial, qui alimentent depuis longtemps les tensions intercommunautaires.
La dernière flambée de violences a été précédée d’un différend lié au déploiement du drapeau de l’État régional Somali et à l’ouverture d’un nouveau bureau administratif dans un secteur de Moyale revendiqué par les autorités de l’Oromia.
Les tensions se sont accentuées après la mort d’une jeune fille de 13 ans, tuée le 18 octobre, un incident qui a déclenché des manifestations, entraîné la fermeture de commerces et provoqué de nouveaux affrontements entre les deux communautés.
De violents combats ont éclaté le 22 octobre, opposant des forces de sécurité régionales à des civils armés. Des échanges de tirs ont été signalés, tandis que les violences se propageaient à plusieurs localités du sud de l’Éthiopie.
Les représentants des deux communautés rivales s'accusent mutuellement d’être à l’origine des affrontements, alors que des habitants font état de morts, de blessés ainsi que de destructions d’habitations et de commerces.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani
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