-Le ministère de la Santé appelle à une enquête scientifique internationale indépendante sur les causes de cette hausse, tout en soulignant que ces chiffres ne permettent pas, à eux seuls, d’en déterminer l’origine

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Gaza : 260 cas d’anomalies congénitales en neuf mois, plus que sur toute l’année 2022

ISTANBUL (AA)

Le ministère de la Santé de Gaza a annoncé vendredi que 260 cas d’anomalies congénitales avaient été recensés chez des nouveau-nés au cours des neuf premiers mois de 2026, dépassant les 184 cas enregistrés sur l’ensemble de l’année 2022.

Le directeur général du ministère, Munir al-Bursh, a qualifié ces chiffres de signal d’alerte sanitaire majeur et appelé à une enquête scientifique internationale indépendante sur les raisons de cette augmentation.

Le ministère a précisé que 322 cas avaient été recensés en 2025, soit une hausse de 75 % par rapport à 2022.

Munir al-Bursh s’est inquiété de cette progression dans le contexte de la guerre génocidaire menée par Israël à Gaza, de la famine, des déplacements de population et de l’effondrement des services de santé.

Les anomalies nécessitant un suivi et des soins spécialisés comprennent les fentes labiales et palatines, les atypies des organes génitaux externes pouvant rendre difficile la détermination du sexe à la naissance, le raccourcissement des membres supérieurs et les hernies ombilicales, selon le ministère.

Certains nouveau-nés peuvent présenter plusieurs anomalies, ce qui accroît les besoins en examens diagnostiques, en interventions chirurgicales et en soins de longue durée, a-t-il ajouté.

Le ministère a souligné que ces chiffres ne permettaient pas, à eux seuls, d’établir la prévalence des anomalies congénitales chez les nouveau-nés ni d’en démontrer les causes.

Il a néanmoins appelé à une enquête scientifique internationale indépendante sur les facteurs susceptibles d’y contribuer, notamment la malnutrition maternelle, l’exposition à des polluants et les perturbations du suivi prénatal pendant la guerre.

« Derrière chaque chiffre se trouvent un enfant qui a besoin de soins et une mère qui cherche à être rassurée », a déclaré le ministère, insistant sur la nécessité de protéger les femmes enceintes et de garantir l’accès à une alimentation adéquate, au dépistage et à la chirurgie spécialisée pour les nouveau-nés.

Israël a lancé sa guerre génocidaire contre la bande de Gaza le 8 octobre 2023, tuant plus de 74 000 Palestiniens et en blessant plus de 175 000 autres, selon le ministère de la Santé de Gaza. L’offensive a également détruit environ 90 % des infrastructures civiles de l’enclave.

Un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre 2025, mais les attaques israéliennes se sont poursuivies. À la date de jeudi, les violations israéliennes de l’accord avaient fait 1 602 morts et 5 799 blessés palestiniens, selon le ministère.

Malgré le cessez-le-feu, Israël a continué de restreindre l’entrée à Gaza des quantités convenues de nourriture, de médicaments, de fournitures médicales et de matériel d’hébergement, alors que le système de santé reste gravement endommagé. Des milliers de Palestiniens malades et blessés demeurent dans l’impossibilité de quitter l’enclave pour se faire soigner.

L’accord de cessez-le-feu prévoyait l’entrée quotidienne à Gaza de 600 camions d’aide humanitaire transportant des denrées alimentaires, des fournitures médicales, du carburant et d’autres biens essentiels. Les autorités palestiniennes ont toutefois affirmé à plusieurs reprises que les livraisons restaient très inférieures aux niveaux convenus.

*Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy

Anadolu Ajansı / Lina Altawell — Anadolu Ajansı

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