- Les défenseurs d’au moins 18 manifestants blessés entendent mettre en cause les ordres du ministre de l’Intérieur
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La mobilisation du 5 novembre en France a donné lieu à 642 interpellations, selon un bilan actualisé du ministère de l’Intérieur, tandis que les avocats d’au moins 18 manifestants blessés ont annoncé vendredi leur intention de porter plainte contre le ministre Laurent Nuñez devant la Cour de justice de la République.
Le ministère fait également état de 112 blessés parmi les forces de l’ordre, contre 53 policiers et gendarmes blessés et 448 interpellations dans un précédent bilan communiqué jeudi en fin d’après-midi.
- Une plainte collective annoncée contre Laurent Nuñez
Lors d’une conférence de presse à Paris, relayée par la presse française, Me Arié Alimi a annoncé le dépôt d’une plainte collective d’ici « trois semaines », au nom de personnes blessées pendant la mobilisation contre la vie chère et les conditions d’études.
L’avocat met en cause les ordres donnés par le ministre concernant l’usage d’armes de maintien de l’ordre. Il l’a accusé d’être « à l’origine des mutilations et des dégâts massifs », affirmant qu’il savait ces armes « mutilantes » et estimant qu’elles ne devaient pas être utilisées dans ce cadre.
Une nouvelle journée de mobilisation pour les salaires et le pouvoir d’achat est prévue samedi 7 novembre. Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunira les syndicats et le patronat lundi 9 novembre à Matignon.
- Édouard Geffray promet des sanctions contre les blocages
En déplacement vendredi à Conflans-Sainte-Honorine, en région parisienne, aux côtés de la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a affirmé que 0,5 % des lycées étaient bloqués dans la matinée.
« Se mettre devant une salle de classe et empêcher ses camarades d’entrer, ce n’est pas possible », a-t-il déclaré, qualifiant ces actes d’« illégaux » et promettant des « sanctions ».
« Nos élèves ont besoin d’étudier », a insisté le ministre. Il a renouvelé son « soutien inconditionnel » aux personnels, notamment aux proviseurs, victimes de violences physiques, de menaces ou d’intimidations depuis le début du mouvement lycéen à la mi-septembre.
- Des suites judiciaires à Nantes et à Goussainville
À Nantes, dans l’ouest de la France, deux lycéens ont été mis en examen après l’incendie du lycée Nelson-Mandela, survenu le 1er octobre, selon le parquet. Parmi les trois mineurs concernés par cette affaire, deux ont reconnu une partie des faits matériels.
Les deux lycéens mis en examen ont été placés sous contrôle judiciaire, l’un d’eux devant être accueilli dans un centre éducatif fermé. Le parquet, qui avait requis leur détention provisoire, a fait appel de ces décisions.
À Goussainville, dans le Val-d’Oise, au nord de Paris, quatre élèves ou anciens élèves du lycée Romain-Rolland ont été convoqués devant la justice, selon un communiqué de la police publié sur le réseau social américain X.
Ils sont soupçonnés d’avoir lancé des engins incendiaires et du mobilier urbain contre l’établissement, provoquant des dégâts estimés à 69 000 euros.
Anadolu Ajansı / Serap Doğansoy — Anadolu Ajansı
Monde

