- « Nous sommes, nous, musulmans de France, particulièrement l’objet de discours racistes, islamophobes, xénophobes », a-t-il déclaré
AA/Istanbul/ Sanaa Amir
Un habitant des Yvelines a dénoncé les discours racistes, islamophobes et xénophobes visant les musulmans en France, lors d’un rassemblement organisé samedi 24 octobre en hommage aux victimes de l’attaque à caractère raciste survenue à Trappes et La Verrière, dans les Yvelines, a rapporté Franceinfo.
« Nous sommes, nous, musulmans de France, particulièrement l’objet de discours racistes, islamophobes, xénophobes », a-t-il déclaré au média français, évoquant la peur ressentie par certains habitants après l’attaque.
Interrogé sur le climat d’inquiétude qui pourrait s’installer dans les communes touchées, il a expliqué avoir échangé avec des habitants de son quartier dès le départ du tireur. Selon lui, plusieurs d’entre eux ont immédiatement envisagé un mobile raciste, tandis que d’autres ont pensé à une motivation islamophobe.
« J’ai moi-même pensé tout de suite à un mobile raciste, pas islamophobe encore », a-t-il confié, précisant que les personnes avec lesquelles il avait échangé avaient, quant à elles, immédiatement évoqué une possible motivation islamophobe.
L’habitant a également dénoncé ce qu’il considère comme une tendance à associer les actes individuels de certaines personnes à l’ensemble de la communauté musulmane.
« C’est vraiment une volonté […] de mettre en exergue soit des comportements individuels et, en fait, de jeter l’opprobre sur l’ensemble des musulmans », a-t-il déclaré à Franceinfo.
Il a notamment critiqué les discours laissant entendre que les musulmans ne pourraient pas être considérés comme des Français à part entière en raison des actes commis par certains individus.
« Regardez, les musulmans ne peuvent pas être des Français comme les autres, juste parce que, voilà, parce qu’untel a fait telle ou telle chose. Alors que ça n’a rien à voir », a-t-il poursuivi.
Soulignant que de nombreux musulmans sont nés et ont grandi en France, il a estimé que leur foi et leur pratique religieuse ne devraient pas les distinguer du reste de la population.
« Nous sommes nés, nous avons grandi en France, et même pour les étrangers, nous sommes socialisés en France. Tout ce qui nous distingue, c’est quoi ? C’est notre foi, notre pratique. Mais pour le reste, rien du tout », a-t-il affirmé.
Il a enfin expliqué que, s’il ne souhaitait pas particulièrement mettre sa confession religieuse en avant, les circonstances l’amenaient à en parler publiquement.
Son témoignage a été recueilli lors du rassemblement organisé samedi en hommage aux victimes de l’attaque de Trappes et de La Verrière, dans un contexte marqué par les interrogations sur les motivations de l’auteur présumé et par les inquiétudes exprimées par des habitants face aux discours visant les musulmans.
Vie & Développement

