- Les cours ont été suspendus totalement ou partiellement dans 891 établissements mardi, toutes causes confondues, tandis que d’autres cortèges sont attendus dans l’après-midi

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France/Mobilisation lycéenne : 86 000 manifestants recensés dans la matinée par le Ministre de l’Intérieur

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Le ministère français de l’Intérieur a recensé 86 000 personnes dans les manifestations organisées mardi matin pour l’« acte III » de la mobilisation lycéenne, soutenue notamment par des syndicats de l’éducation.

Ce bilan est provisoire, plusieurs cortèges étant prévus dans l’après-midi, notamment à Paris, Strasbourg, Tours et Rouen.

Le ministère de l’Éducation nationale a également annoncé des suspensions totales ou partielles des cours dans 891 établissements mardi. Ce chiffre englobe l’ensemble des causes, dont les fermetures préventives, les blocages et les perturbations.

À Marseille, la préfecture de police a dénombré 4 800 manifestants, contre 30 000 revendiqués par les organisations étudiantes. Le cortège, parti à 10h30, se déroulait dans le calme au moment de ce bilan.

À Lyon, la préfecture du Rhône a fait état d’une manifestation sans incident majeur jusqu’à l’arrivée place Guichard, puis de perturbations par des groupes ayant constitué des attroupements et des cortèges non déclarés. Elle a signalé de nombreux jets de projectiles contre les forces de l’ordre.

Dans le Pas-de-Calais, la préfecture a recensé jusqu’à 1 555 manifestants au plus fort de la mobilisation, puis 805 autour de 13 établissements. Trois personnes ont été interpellées, sans précision sur leur âge ni les motifs de leur arrestation.

- Les syndicats contestent les réponses du gouvernement

Avant le départ du cortège parisien, la secrétaire générale du SNES-FSU, Sophie Vénétitay, a qualifié de « hors sol et lunaires » les réponses du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, tout en saluant le rapprochement entre élèves et enseignants.

Le président de l’Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani, a dénoncé l’absence de « solution concrète » et de « réponse politique face à la colère des lycéens ».

De son côté, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé sur le réseau social américian X, 14 placements en détention provisoire depuis le début du mouvement, dont quatre concernant des mineurs, évoquant une « réponse pénale ferme mais mesurée » aux violences et dégradations commises en marge des manifestations.

- Des blocages engagés depuis septembre

Les lycéens mobilisés réclament davantage de moyens pour l’éducation et dénoncent notamment les classes surchargées, les absences d’enseignants non remplacées, les conditions d’accueil dégradées et les inégalités liées à Parcoursup.

Les blocages se succèdent depuis le 21 septembre. Depuis le 28 septembre, 6 059 interpellations ont été effectuées et plus de 5 000 gardes à vue recensées, d’après le ministère de l’Intérieur.

Geffray a annoncé mardi une consultation nationale sur Agora, ouverte jusqu’au 23 octobre, pour recueillir les difficultés, les attentes et les propositions des lycéens.​​​​​​​

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