- Maud Bregeon reconnaît des revendications « pour partie légitimes », tandis que le ministre de l’Éducation nationale déplore la grave blessure d’un lycéen à Lens et appelle à sanctionner les violences
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, a accusé mardi La France insoumise (LFI) d’instrumentaliser les jeunes mobilisés, tandis que le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a dénoncé les violences et déploré la perte d’une main par un lycéen à Lens.
Invitée de France 2, Bregeon a estimé que les lycéens avaient des revendications « pour partie légitimes » et « des choses à nous dire », tout en appelant à une mobilisation « la plus pacifique possible ».
« Écouter et accompagner, oui, mais légitimer les violences, non », a-t-elle déclaré, accusant LFI d’avoir « instrumentalisé » les jeunes et de les avoir utilisés « comme de la chair à canon ».
Interrogée sur Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur, elle a qualifié de « leurre » son utilisation comme « totem » par certains responsables politiques, tout en reconnaissant que le dispositif « mérite peut-être certaines améliorations ».
Sur franceinfo, Geffray a adressé ses pensées au lycéen de 15 ans qui a eu une main arrachée lundi à Lens, au contact d’une grenade policière, dans des circonstances encore à préciser.
« Notre priorité absolue est de protéger nos élèves. C’est évidemment un drame », a déclaré le ministre.
Il a également affirmé que des « éléments ultra-violents » avaient « infiltré les mouvements lycéens » dès les premiers jours, dénonçant des attaques contre la police et des « comportements inqualifiables ».
« La violence doit être sanctionnée », a-t-il ajouté. Les deux responsables ont fait état de 715 policiers et gendarmes blessés depuis le début des mobilisations.
- Une nouvelle journée de mobilisation soutenue par les syndicats et la gauche
Ces déclarations interviennent alors que l’Union syndicale lycéenne (USL) appelle mardi à un « acte III » de la mobilisation, après des échanges vendredi avec le ministre qu’elle juge sans résultats concrets.
Le mouvement, marqué par des blocages depuis le 21 septembre, réclame davantage de moyens et dénonce les inégalités liées à Parcoursup, les classes surchargées, les absences d’enseignants non remplacées et les conditions d’accueil dégradées.
Des syndicats de l’éducation, l’Union étudiante, la CGT, Solidaires et plusieurs partis de gauche, dont LFI, le PS et le PCF, soutiennent cette journée. La Confédération paysanne appelle les agriculteurs à rejoindre les mobilisations en tracteur.
Lundi, 413 établissements avaient connu des actions ou des perturbations, d’après le ministère de l’Éducation nationale. Depuis le 28 septembre, 6 059 interpellations et plus de 5 000 placements en garde à vue, essentiellement de mineurs, ont été recensés, d’après les chiffres du ministère de l’Intérieur rapportés par la presse française.
L’USL dénonce une « répression sans précédent ». Dix enquêtes de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont été ouvertes depuis le début du mouvement, d’après l’entourage du ministre de l’Intérieur.
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